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POUVOIR TUNISIE – À la croisée des chemins

Alexandre Hawari de Mai 28, 2013 - 17:46 dans Politique

POUVOIR TUNISIE

À la croisée des chemins

À sept mois des législatives, l’opposition – partis démocratiques, gauche, syndicats, femmes et ONG – est donnée gagnante par les sondages et les observateurs.

Par Samir SOBH

 

acquis

Les Tunisiens ont brisé le mur de la peur, ils ne reculent devant rien et sont attachés à la liberté d’expression. Mais la population doit aujourd’hui fait face aux dérapages du pouvoir qui bafoue constamment

les acquis

Les espoirs soulevés par la révolution sont nombreux… Instauration d’un régime démocratique, État de droit et fin des répercussions négatives d’une dictature qui a duré plus de vingt-deux ans. Espoir aussi de sauvegarder les libertés publiques, le droit d’expression, et l’application d’un réel pluralisme politique.

À cela s’ajoute la fin de la corruption à tous les niveaux du système, par le biais de l’adoption d’instruments qui consolident la transparence.

Les Tunisiens ont voulu éradiquer les anciennes pratiques, notamment la « spoliation » par la famille Trabelsi – dont sont issus l’épouse et les gendres de l’ancien président Ben Ali – des biens de l’État, et leur mainmise sur les groupes économiques importants, allant jusqu’à l’intégration des conseils d’administration des banques.

La population tunisienne s’est attachée à préserver les acquis sociaux qu’elle avait obtenus depuis le début de l’indépendance.

Les Tunisiens ont brisé le mur de la peur, ils ne reculent devant rien et sont attachés à la liberté d’expression. Mais la population doit aujourd’hui fait face aux dérapages du pouvoir qui bafoue constamment les acquis. Mais l’un des résultats les plus significatifs de la révolution a été, pour les Tunisiens, l’organisation des premières élections législatives libres depuis l’ère de l’ancien président Bourguiba.

Pour preuve, l’arrivée aux commandes du mouvement islamiste Ennahda, qui a composé avec deux petites formations politiques pour faire croire que cette coalition était le symbole de l’existence d’un pouvoir démocratique. Il s’agit du parti du président de la république, Moncef Marzouki, et du Forum démocratique pour le travail et les libertés de Mustapha ben Jaafar, qui a présidé l’Assemblée constituante.

Politiques antidémocratiques. L’échec du projet du Premier ministre, Ali Larayedh, de former un gouvernement d’union nationale est une preuve tangible que le pouvoir issu des premières élections législatives après le changement a été apparemment « boycotté » par une grande partie de la société tunisienne. Laquelle hausse le ton et accuse non seulement le centre de décisions émanant des islamistes d’Ennahda, mais aussi le président de la république, Moncef Marzouki, de couvrir les politiques antidémocratiques visant les médias, les libertés publiques, et même l’instauration de la démocratie. Ainsi, une motion de censure sera votée contre lui à l’Assemblée constituante (Parlement provisoire).

Son discrédit est net aussi à l’extérieur du pays… Lorsque Marzouki s’est rendu à Paris, en avril dernier, pour présenter son livre à l’Institut du monde arabe, il a été surpris par les contestations émanant des sympathisants de Chokri Belaïd, homme politique et avocat tunisien, assassiné en février 2013. Certaines ONG tunisiennes et européennes et le mouvement Femen l’ont également attaqué en scandant : « Nous ne croyons pas à votre ZEt, lorsque Marzouki a menacé d’arrêter tous ceux qui critiquent le régime qatari et ses dirigeants, la société tunisienne s’est révoltée. Ainsi, il ne se passe pas un jour sans que le pays ne connaisse une secousse politique, sociale, économique ou au niveau des libertés publiques.

Les grèves consécutives dans presque tous les secteurs de l’économie tunisienne et de l’administration publique prouvent bien que la situation se dégrade. On peut citer, à titre d’exemple, les grèves de l’effectif de laprésidence de la république, des forces de l’ordre, des journalistes, des syndicats, des employés d’entreprises publiques et de sociétés étrangères opérant dans le pays. Les grèves des étudiants, des professeurs, des juges, et même des avocats, contre l’ingérence du pouvoir politique dans leurs affaires, auxquelles s’ajoutent les pressions du gouvernement et les dirigeants du mouvement Ennahda, montrent la gravité de la situation.

Parallèlement, la crédibilité du pouvoir est perdue, aussi bien moralement que financièrement. Tout d’abord, à cause du scandale créé par l’ancien ministre des Affaires étrangères, Abdessalam, (gendre du patron d’Ennahda, cheikh Rached Ghannouchi), qui aurait utilisé l’argent de son ministère pour payer les frais de séjour d’une prétendue maîtresse dans un hôtel 5 étoiles proche du ministère. Il aurait également détourné une somme importante provenant d’une aide octroyée par la Chine et passée par le compte officiel du ministère. Un dossier qui est resté dans les tiroirs après le changement du premier gouvernement.

La motion de censure dont fait l’objet Moncef Marzouki – et qui devrait en principe être votée à l’Assemblée constituante –, accusant ce dernier d’être « sur le bordereau de paie de l’État du Qatar », et le financement occulte du mouvement Ennahda par ce même émirat, entache de plus en plus la crédibilité du gouvernement et de l’État tunisiens. D’autre part, la rumeur dit que le pouvoir n’a pas encore pu faire la preuve qu’il n’a pas touché 200 millions de dollars pour avoir livré l’ancien Premier ministre libyen, Al-Baghdadi al-Mahmoudi aux autorités de son pays, après que ce dernier a été innocenté par la justice tunisienne.

Le gouvernement ne se contente plus de sa police pour exécuter les ordres, il a recours à ce que le mouvement Ennahda appelle la « Force de la défense de la révolution ». Sans compter les agressions permanentes des salafistes, tous groupes confondus. Le mouvement d’Ennahda ne cesse, depuis quelques mois, de saboter les meetings de tous les partis d’opposition. Dernier acte en date : la tentative de s’attaquer personnellement à Béji Caïd Essebsi, tête de file du parti Nidaâ Tounès, en faisant échouer la tenue le meeting qui devait avoir lieu à Gafsa. Les tensions risquent de croître dans les mois, voire les semaines, à venir.

Le gouvernement de Larayedh a récemment fait des efforts pour faire preuve d’objectivité quant aux résultats et statistiques, dont la reconnaissance du recul des revenus du tourisme et des investissements directs étrangers durant le premier trimestre de l’exercice en cours. Mais la dégradation de la situation socio-économique dans certains autres secteurs, comme celui des phosphates, rend la conjoncture plus complexe.

Il semble que le gouvernement manque de plans pour surmonter les difficultés de fond.

Défis économiques. À cet égard, les experts de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) – qui ont visité ces derniers mois la capitale tunisienne et rencontré les responsables financiers et le gouverneur de la Banque centrale (BCT) – estiment que l’Exécutif, dans les circonstances sécuritaires actuelles, est incapable de faire face aux défis grandissants dans la majorité des secteurs clés de l’économie tunisienne.

En tête de ces défis arrive la réactivation des projets de développement dans les zones les plus démunies, la baisse du taux de chômage – qui va en s’aggravant avec la fermeture des frontières avec la Libye et l’Algérie, ces deux voisins qui se méfient de plus en plus des infiltrations des salafistes. Le taux de chômage, considéré à haut risque par le FMI, dépasse 17 % au plan national et 40 % dans les régions pauvres.

Parallèlement, la population tunisienne ne prend pas au sérieux les promesses d’Ali Larayedh, lequel faisait miroiter la création de 90 000 nouveaux emplois durant la gérance de son gouvernement. Un engagement contesté fermement par les partis de l’opposition et également par une grande partie des différentes couches sociales, la classe moyenne en tête.

Le gouvernement affirme qu’il existe une possibilité d’avoir un prêt de réserves pour un montant de 2,7 milliards de dinars, avec un taux d’intérêt préférentiel de 1,05 %. D’autre part, la Banque mondiale a lié l’octroi d’un prêt à la Tunisie aux résultats réalisés par le gouvernement et à la transparence. De son côté, l’institution financière internationale a démenti avoir donné son accord à la Tunisie pour un emprunt de 500 millions de dollars, contrairement à ce que le gouvernement provisoire a déclaré. Pour sa part, le directeur délégué de la Banque mondiale, chargé de la région du Maghreb, Simon Gray, a déclaré à la suite de sa visite à Tunis que la Banque n’a pas encore donné son accord de principe pour octroyer ce prêt qui viendrait soutenir le budget de l’année 2013.

Manipulation des chiffres. Cette situation n’est guère surprenante… Le FMI et la Banque mondiale avaient mis la Tunisie en garde, il y a quelques mois, à propos de la manipulation des chiffres et des statistiques, manipulation qui visait à donner une image positive de la situation financière et économique du pays. Ce qui aurait permis d’avoir accès, d’une part, aux prêts des institutions et des fonds internationaux et régionaux et, d’autre part, aux prêts des pays donateurs qui, lors de la réunion du G20, avaient promis d’accorder à la Tunisie environ 20 milliards de dollars.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, malgré les données très positives publiées par le premier gouvernement mené par Hamadi Jebali et le deuxième gouvernement d’Ali Larayedh. La majorité des indices macroéconomiques sont dans le rouge. L’inflation est galopante et les autorités concernées ne parviennent pas à la maîtriser. Le nombre de chômeurs a dépassé un million dans un petit pays d’un peu plus de dix millions d’habitants. Un pays qui n’a pas de ressource naturelle pétrolière ni de gaz, contrairement à ses deux voisins, l’Algérie et la Libye.

La fuite de plus de 120 sociétés étrangères vers le Maroc et l’Algérie, et du capitalisme tunisien vers l’Europe, constitue une des preuves tangibles de l’échec économique. Cela sans compter la baisse graduelle des réserves en devises et des Investissements directs étrangers (IDE)

Les échecs au niveau de la politique intérieure ont fortement affaibli les trois composantes du pouvoir en place. Selon des sondages récents des instituts spécialisés tunisiens, et ceux qui ont été commandés à des instituts étrangers pour deux chancelleries occidentales, le mouvement Ennahda est en perte de vitesse (moins 9% depuis les dernières élections).

L’échec politique est dû à plusieurs décisions contestées, dont les tentatives pour contrôler le paysage médiatique public, l’ingérence dans la gestion de la Banque centrale de Tunisie (BCT), la création par Ennahda, d’une milice baptisée « Force de la défense de la révolution » (sorte de police politique ressemblant à celle qui semait la terreur à l’époque de Ben Ali).

Figure également parmi les grands échecs du pouvoir : le cautionnement « indirect » des actes de violence émanant des salafistes djihadistes, lesquels se sont avérés les principaux alliés d’Ennahda.

Échecs internes aussi : tout d’abord, la réduction de certains droits concernant la femme tunisienne (dont le statut a toujours été parmi les meilleurs dans le monde arabe) ; puis l’instabilité sécuritaire partout dans le pays, illustrée par le meurtre du leader de la gauche tunisienne, Chokri Belaïd – dont les assassins se sont évadés de prison le 18 avril dernier –, autant de symboles flagrants de cet échec de gouvernance interne.

Concernant la diplomatie, le pouvoir n’a pas réussi à faire des percées significatives et à convaincre ainsi la Communauté internationale du bien-fondé de sa gouvernance. Les quelques sorties du président Marzouki, qu’il s’agisse de visiter le Qatar, l’allié des islamistes au pouvoir, ou de participer aux sommets arabes et à quelques manifestations culturelles et économiques, n’ont guère été des véritables percées diplomatiques. Les visites de certaines personnalités à Tunis, comme le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, et de quelques responsables du ministère américain des Affaires étrangères, ont attiré l’attention sur les bavures en matière des droits de l’homme et sur la dangereuse montée en puissance des salafistes.

L’impasse politique dans laquelle se trouve la Tunisie actuellement incite les forces vives du pays ainsi que l’opposition à s’organiser et à anticiper sur les prochaines élections législatives, seul moyen pour changer démocratiquement le pouvoir en place. Les contestations grandissantes émanent des différents mouvements de la société : la jeunesse, les intellectuels et les associations féminines. Ce mécontentement généralisé est en train de devenir un acteur central de cette crise.

Forces en présence. Selon les analystes politiques, il existe trois forces en présence qui « comptent ». On trouve tout d’abord le Front politique et électoral. Cette mouvance est le fruit d’une alliance des trois principaux partis de l’opposition : Nidaâ Tounès (la bête noire du mouvement islamique Ennahda, déjà devancé dans les sondages), le parti Al-Massar et le Parti républicain. Ces trois formations laïques du centre gauche et du centre droite ont nettement pris position contre les islamistes au pouvoir et affirment que le processus démocratique en Tunisie est menacé par le danger du retour de la dictature et de corruption. Les trois partis désormais alliés devraient présenter des candidats communs aux législatives et un candidat à la présidentielle.

Le deuxième groupe est le Front populaire, une coalition politique des mouvements de gauche, regroupant 12 partis politiques, associations de gauche, nationalistes arabes et écologistes. Parmi ses composantes, on retrouve notamment le Parti des patriotes démocrates (PPD) qui était dirigé par feu Chokri Belaïd.

La dernière force qui compte face au pouvoir et qui pourrait trancher, c’est l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), un des piliers de la révolution qui a fait tomber le régime de Ben Ali. Très influente, cette centrale a déjà commencé à déstabiliser le régime à travers des menaces de grandes grèves qui pourraient paralyser tout le pays. Le pouvoir la redoute d’autant plus qu’elle s’oppose à la majorité des politiques et mesures prises par le gouvernement. Ce qui a obligé ce dernier à faire marche arrière sur plusieurs de ses décisions portant sur le domaine social. Le gouvernement d’Ali Larayedh a ainsi augmenté les salaires, promis de créer de dizaines de milliers de postes, de contrecarrer les salafistes et de baisser les impôts.

D’après les observateurs, les analystes politiques et économiques et les diplomates étrangers en place à Tunis, certaines figures montent en flèche et sont à suivre de près. On peut citer en premier lieu l’ancien Premier ministre, Béji Caïd Essebsi, président du parti Nidaâ Tounès, qui a le mérite d’avoir organisé les premières élections en toute transparence et qui, invité à la Maison Blanche, a été reçu et félicité par le président Obama.

On trouve également Mustapha Nabli, ancien gouverneur de la Banque centrale tunisienne et expert auprès de la Banque mondiale, qui est très apprécié par les institutions financières internationales. Ce dernier a subi des pressions et a reçu des menaces des islamistes pour le faire quitter son poste.

Autre personnalité qui s’impose sur la scène politique : Houcine Abbassi, le secrétaire général de l’UGTT, cette centrale syndicale qui incarne l’autre pouvoir en Tunisie. Sa position a été fortement consolidée après sa réussite dans la gestion de l’organisation du Forum social mondial (FSM) à Tunis, en mars dernier. Une manifestation internationale qui a regroupé environ 30 000 participants venus des quatre coins du monde.

On trouve également Maya Jribi, secrétaire générale du Parti républicain de l’opposition, qui défie sur le terrain aussi bien le parti Ennahda que les salafistes djihadistes. Elle devient, au fil des jours, le symbole de la défense des acquis de la femme tunisienne et elle a à plusieurs reprises fait plier les islamistes. Enfin, Hamadi Jebali, l’ancien chef de gouvernement, ex-numéro 2 d’Ennahda. Sa montée en puissance est due à sa démission, sa critique de la politique du pouvoir et son refus de former le nouveau gouvernement.

Un climat explosif. Le pouvoir en place a donc bien l’intention se battre par tous les moyens, y compris la force, la répression et de vaines promesses, pour se maintenir en place jusqu’à l’organisation des prochaines élections législatives. Parallèlement, il va repousser au maximum la date fatidique des échéances constitutionnelles. Mais pour la majorité des Tunisiens, le pessimisme est de mise en ce qui concerne l’avenir. Ils s’attendent à la dégradation de la situation sécuritaire, avec la poussée des violences de la part du courant salafiste, plus particulièrement après le retour de Syrie de ses combattants, le refoulement de certains autres de Libye, et la fuite vers l’Algérie.

La régression de la situation socio-économique, accompagnée de la chute brutale du pouvoir d’achat, va peser encore plus lourd sur un climat déjà explosif. La crainte d’une saison touristique médiocre devrait accélérer les contestations, notamment durant le mois de ramadan.

En ce qui concerne le rôle des puissances étrangères et des pays concernés par la Tunisie, force est de noter des prémices de changements au sein de l’administration américaine. Cette dernière, qui demandait à ses alliés d’accorder une chance aux islamistes modérés – afin qu’ils puissent prouver leur apport à la démocratie, – et de leur accorder la garantie d’avoir accès aux marchés internationaux pour obtenir des emprunts commence déjà à mettre en garde le pouvoir infiltré par Al-Qaïda.

L’attaque contre l’ambassade des États-Unis à Tunis, la participation de certains salafistes tunisiens dans l’assassinat de l’ambassadeur américain à Benghazi, la prise d’otage à In Aménas en Algérie, et le rôle joué dans le cadre de Jabhat al-Nasra en Syrie… Tous ces éléments ont accéléré la mise en garde du pouvoir contre Ennahda. Un message, voire un avertissement, qui a été reçu cinq sur cinq par Rached Ghannouchi.

Quant à la France, dont les relations avec le pouvoir tunisien ne sont pas au beau fixe, elle laisse entendre qu’elle adopte la politique « wait and see ». La visite programmée pour le mois de mai à Tunis du président François Hollande n’a pas été confirmée, malgré l’annonce de la visite du ministre français du Tourisme en mai. Arabies a appris que Paris ne veut pas « punir » le peuple tunisien en le privant de ses touristes à cause des actes du pouvoir en place. Cette même source a, par ailleurs, laissé entendre que le président français n’est pas très chaleureux à l’idée de cautionner un régime accusé de l’assassinat de Chokri Belaïd, leader de la gauche tunisienne.

D’autre part, les Qataris sont mal vus par les Tunisiens. Ces derniers n’apprécient pas leur ingérence dans la politique intérieure de leur pays ni les aides financières accordées aux islamistes. L’influence de cet émirat du Golfe est liée à ses relations avec Rached Ghannouchi et le président, Moncef Marzouki.

De son côté, l’Algérie considère le pouvoir islamiste en Tunisie comme un danger. De ce fait, elle ferme hermétiquement ses frontières. Elle a réduit les importations, tout prêt ou aide, depuis un don de 150 millions de dollars au gouvernement dirigé par Béji Caïd Essebsi. Alger a mis les responsables tunisiens en garde contre toute infiltration de ses islamistes. D’ores et déjà, les consignes ont été données aux citoyens de ne pas se rendre en Tunisie pour passer leurs vacances.

Date fatidique. Le pouvoir tunisien est aujourd’hui à la croisée des chemins. D’autant qu’approche de la date fatidique des élections législatives. Le pouvoir veut plus que jamais gagner du temps pour consolider ses positions et tenter d’affaiblir ses adversaires par tous les moyens, y compris la répression et la dictature. D’ici là, la fuite en avant s’impose donc comme un instrument indispensable pour gagner la bataille. D’autant que de grands pays occidentaux ont fait savoir au président Marzouki que ce régime ne serait jamais cautionné et que, si les prochaines élections législatives ne sont pas entièrement transparentes, un nouveau régime issu d’urnes truquées serait contesté par la Communauté internationale.