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Sunnites-chiites : la déchirure

Alexandre Hawari de Oct 8, 2012 - 07:45 dans International

Acteurs, mobiles, stratégies, bilan et perspectives d’un bras de fer qui implique une quinzaine d’Etats en Orient…

Par Marc YARED

Comme une sinistre litanie, les nouvelles tueries confessionnelles se répètent depuis le mitan des années 2000, constellant d’éclats pourpres une immense région qui couvre le sous-continent indien et le Moyen-Orient. Bien souvent des chiites périssent, par dizaines, par centaines : fidèles massacrés dans leur mosquée par des fanatiques, au Pakistan ; foule de Hazaras mitraillés dans un marché afghan par des talibans ; patrouille iranienne exterminée par un commando « intégriste », au Sistan-Baloutchistan ; manifestants antiroyalistes tués par la police, au Bahreïn ; procession de pèlerins fauchés devant un mausolée irakien par un kamikaze d’AQI (« Al-Qaïda au pays des deux fleuves », c’est-à-dire en Irak)… Dernier développement très inquiétant, pour les chiites libanais : Majed Majed, l’émir des « Brigades Abdallah Azzam au pays de Cham » (c’est-à-dire au Levant) – une organisation issue d’AQI – publie en septembre 2012, sur Internet, un message menaçant, semblable à ceux qui anticipaient les hécatombes de Bagdad et de Kerbala, dans les années 2000.

Les chiites ne sont pas les seules victimes des violences sectaires dans l’Asie musulmane. Des druzes sont à deux reprises la cible de violences dans la localité de Jaramana, près de Damas. Des villages alaouites sont ravagés par l’opposition armée, en Syrie centrale (régions de Homs et de Hama). Et, dans la cité libanaise de Tripoli, le quartier alaouite de Jabal Mohsen est régulièrement pilonné par des milices fondamentalistes… De vastes zones de peuplement sunnites sont pour leur part endeuillées par la répression menée sous l’égide du président Assad. Sur les rives du Tigre, en 2006, l’Armée du Mahdi de Moqtada el-Sadr s’était elle aussi livrée à de sanglantes expéditions « punitives » antisunnites. De son côté, le Hezbollah avait spectaculairement conquis en 2008 Beyrouth Ouest, en quarante-huit heures, au prix de dizaines de victimes sunnites.

Pourquoi une telle débauche de violences entre sunnites d’une part, chiites et alaouites d’autre part ? Cet antagonisme est-il définitif, irrémédiable ? Quelle en serait l’issue ? Les chiites et les alaouites – voire les druzes, qui soutiennent majoritairement, en Syrie, le pouvoir – sont-ils liés par des affinités doctrinales, religieuses, ou par un réflexe de solidarité entre minorités, face à des sunnites numériquement majoritaires ? Ou encore n’y a-t-il là que des alliances de circonstance ? Chacune des communautés est-elle vraiment homogène, soudée, unanime dans ses rapports avec les autres?

Premier constat : dans les États dont l’identité même est liée à une confession – comme l’Iran qui se veut (depuis 1502 et surtout après 1979) substantiellement chiite, ou l’Arabie Saoudite et le Pakistan qui se définissent depuis leur création comme essentiellement sunnites – les communautés minoritaires ont de longue date le sentiment, justifié ou non, d’être marginalisées. Dans d’autres pays, certaines confessions – comme les chiites du Liban longtemps affublés de l’appellation péjorative de « métoualis », ou les alaouites de Syrie naguère qualifiés avec mépris de « nosayris », sans parler des chiites hazaras afghans aux yeux bridés, qui furent réduits au servage – gardent le souvenir de brimades séculaires.

Mais la guerre intersectaire actuelle trouve son origine directe dans une série d’évolutions survenues dans les années 2000, qui ont donné à certaines puissances régionales le sentiment que l’Iran est devenu une machine de guerre extrêmement menaçante : bref un ennemi mortel, que l’on doit anéantir ou contenir… L’Arabie Saoudite se voit, depuis l’avènement de la République islamique en 1979, exposée en première ligne à la « subversion » de Téhéran. À quelques dizaines de kilomètres de l’Iran, la côte orientale du royaume, région la plus riche en pétrole, compte des chiites parfois sensibles à l’influence du grand voisin. Au Bahreïn tout proche, relié au littoral saoudien par un grand pont, la monarchie des Al-Khalifa, partenaire historique de l’Arabie, doit, elle, gérer une population comptant quelque 70 % de chiites. Autres intimes de l’Arabie Saoudite dans le Golfe : les Émirats arabes unis et le Qatar, que des litiges insulaires ou maritimes exposent à des pressions en provenance d’Iran.

Ces motifs d’inquiétude constants de Riyad sont bien sûr nourris depuis 2011 par quelques manifestations dans l’est saoudien et par de graves troubles (plusieurs dizaines de tués) à Bahreïn, qui ont entraîné l’intervention d’un corps expéditionnaire de plusieurs centaines de Saoudiens à Manama. Mais ce sont surtout d’autres événements inédits, survenus récemment aux frontières du royaume, qui sollicitent une vigilance saoudienne permanente. Tout d’abord –  à la suite du renversement par les États-Unis du président Saddam Hussein – le gouvernement de l’Irak a été confié depuis 2005 à des Premiers ministres chiites, adhérant à un parti (al-Daawa) et à des coalitions pro-iraniens : une situation sans précédent sur les rives du Tigre, susceptible d’entraîner à terme des mutations majeures dans le Golfe ! D’autant que, depuis le départ d’Irak du dernier soldat combattant américain, en décembre 2011, le Premier ministre Nouri al-Maliki monopolise de fait le pouvoir après s’être délesté du vice-président sunnite de la république, Tarek al-Hachemi (finalement condamné à mort par contumace le 9 septembre 2012).

Par ailleurs, sur le versant occidental de la péninsule Arabique, aux confins saoudo-yéménites, un nouveau foyer de tensions, peut-être alimenté par Téhéran, se développe depuis l’aube du deuxième millénaire : une guérilla dirigée par le clan des Houthi, puisant dans la communauté zaydite (apparentée au chiisme, à laquelle se rattachent la moitié des Yéménites), conteste le pouvoir central de Sanaa, proche de l’Arabie Saoudite. Ces maquisards ont été jusqu’à tenter des incursions dans le royaume, il y a quelques années ! Pour finir, dans un Liban ouvert sur la Méditerranée, destination privilégiée des vacanciers du Golfe, devenu une zone d’influence partagée avec la Syrie – depuis la signature des accords de paix de Taëf (en 1989), et surtout après l’avènement du milliardaire libano-saoudien Rafic Hariri au poste de Premier ministre –, le royaume a dû déplorer: l’assassinat de Hariri (en 2004) ; l’éviction de son mouvement, le Courant du Futur, hors du gouvernement (en 2011) ; et l’irrésistible ascension du Hezbollah pro-iranien, à la faveur du retrait israélien du Sud Liban, de la résistance à l’agression israélienne (en 2006), et de la participation des proches de Téhéran à la dernière combinaison ministérielle (depuis 2011).

Comme si tous ces défis géopolitiques – du Golfe au Tigre et de la mer Rouge à la Méditerranée – ne suffisaient pas, la maîtrise « imminente » par l’Iran de la bombe atomique est « révélée » il y un lustre par l’organisation anti-khomeiniste iranienne Mojâhedîn Khalq. Cette information, confirmée et amplifiée par les services secrets israélien et occidentaux, fait planer le spectre d’une domination durable par Téhéran du Moyen-Orient musulman, grâce à la dissuasion nucléaire…

Bref, Riyad s’estime tenu de riposter. Ses atouts ne sont pas négligeables. Il y a d’abord son « amitié indéfectible » avec la superpuissance américaine : si l’on en croit une dépêche diplomatique d’avril 2008 publiée par Wikileaks, le roi Abdallah II d’Arabie exhorte les États-Unis à « couper la tête du serpent » iranien. Riyad entretient aussi des relations privilégiées avec le Pakistan, acteur incontournable en Afghanistan et puissant voisin de l’Iran. Devenu le seul pôle arabe sunnite après la marginalisation de l’Égypte et de l’Irak saddamien, le royaume – qui abrite les deux premiers lieux saints de l’islam (La Mecque, Médine) et qui dispose d’une réserve conséquente de pétrodollars – est en mesure d’agir efficacement sur les plans diplomatique et politique pour contrecarrer l’Iran : au sein des organisations panislamiques comme Organisation de le Conférence islamique (OCI), basée à Djeddah et dans nombre de pays musulmans ou arabes.

Au Liban, par exemple, Le Courant du Futur qui, il y a peu encore, mobilisait la plupart des citoyens sunnites (30 % des Libanais) – sans compter un certain nombre de leaders et de partis chrétiens – demeure un allié indéfectible du royaume face au Hezbollah et à ses appuis.

Reste le rapport de forces militaire. Voilà un domaine où experts et observateurs font parfois preuve de myopie en ironisant, à la manière de Staline qui tournait en dérision le Vatican : « L’Arabie Saoudite ? Combien de divisions? »… Riyad peut disposer en vérité d’une réserve militante considérable, composée de nationaux et de sympathisants étrangers très motivés, prêts à tout « pour défendre l’islam menacé ».

Ce sont des musulmans nourris – notamment à l’Université islamique de Médine – aux enseignements du théologien cheikh Mohamed ibn Abdelwahhab (1703-1792), religieux influent du royaume. Pour résumer, Ibn Abdelwahhab exhorte les musulmans à retrouver la foi « pure » des origines en ne prenant pour exemples que le Prophète et « les vertueux ancêtres » (al-salaf al-sâleh) qui l’ont accompagné et suivi. D’où le nom de salafistes que s’attribuent les disciples d’Ibn Abdelwahhab. Ces salafistes s’en tiennent rigoureusement au Coran et au Hadîth, recueil des faits et propos attribués au Prophète et aux Anciens, qui sert de base à la Sunna (le droit canon islamique).

Les salafistes jugent donc idolâtres et abominables tous ces « pseudo-musulmans » – adeptes de la scolastique, mystiques soufis, chiites, ou laïques – qui vénèrent d’autres modèles humains (jurisconsultes, maîtres de confréries, imams, personnalités, etc.), ou qui admettent de saints intermédiaires entre Dieu et l’homme.

À trois reprises déjà le pouvoir saoudien a su affronter avec succès, en mobilisant les salafistes, des adversaires redoutables, apparemment bien plus puissants. Acte I : à partir d’une modeste oasis, Ibn Saoud – grâce à ses Ikhwân, intrépides guerriers salafistes brûlant de zèle – a tour à tour terrassé, de 1901 à 1925, une douzaine de monarques et autres émirs, pour forger son immense royaume. Acte II : depuis l’échec de l’expédition de Suez, en 1956, Gamal Abdel Nasser embrase les foules arabes avec sa rhétorique nationaliste, socialisante et tiers-mondiste.

En 1962, à Sanaa, des militaires pronassériens renversent le roi, proclament la république ; plusieurs milliers de soldats égyptiens débarquent au Yémen pour les soutenir. À Riyad, la hiérarchie religieuse – le Haut Conseil des oulémas – promulgue des décrets (fatwas), mobilise, et la Ligue islamique mondiale est fondée en 1962, pour dynamiser et coordonner la propagation internationale du salafisme.

Dès la deuxième moitié des années soixante, la vague nassérienne reflue… Acte III : l’Armée rouge envahit l’Afghanistan en 1979, pour y consolider un régime marxiste fragile. En Arabie Saoudite, dignitaires religieux, princes et hommes d’affaires organisent l’aide matérielle et l’envoi de moujâhidîn, notamment salafistes, en concertation avec les services secrets américains et pakistanais. Les Soviétiques seront mis en déroute et l’URSS elle-même n’y survivra pas longtemps.

Confrontés à « l’expansionnisme persan », certains milieux saoudiens décident donc d’appliquer depuis 2004 une recette bien éprouvée. Un flux de salafistes « ihadistes » (c’est-à-dire combattants de la foi) déferlent en Irak… À ce jour, la violence salafiste – couplée au boycott des leaders politiques sunnites irakiens – empêche la stabilisation d’un pouvoir chiite fort à Bagdad.

D’autres salafistes, bénéficiant de complicités au Pakistan, sabotent des mosquées chiites et infligent des pertes significatives aux gardiens de la révolution, dans la province frontalière iranienne du Sistan-Baloutchistan, à majorité sunnite… En Syrie, dont le régime est allié à l’Iran, les groupes armés salafistes sont, depuis le début de 2012, à l’origine d’attentats audacieux et spectaculaires, qui entraînent un grand nombre de victimes dans des quartiers réputés être des bastions gouvernementaux. Au Liban, les cheikhs salafistes Chahhal et Assir, notamment, attirent depuis peu, par leurs propos radicaux, une audience importante en milieu sunnite, au détriment des notables traditionnels.

Il faut cependant admettre que l’organisation salafiste la plus violente et la plus controversée, AQI (Al-Qaïda en Irak), ainsi que ses émules en Syrie et au Liban, sont loin de refléter les positions du royaume saoudien. AQI ne doit rien non plus aux chefs d’Al-Qaïda établis dans l’espace pakistano-afghan (Oussama ben Laden et Ayman Zawahiri). Le mot d’ordre d’AQI est explicite : « Combattre l’apostat proche prime sur la lutte contre l’athée lointain ». En d’autres termes, la cible est accessoirement « l’envahisseur » américain, et principalement les « hérétiques chiites, complices de Téhéran »… Pour tout dire AQI – qui a contribué plus que tout à creuser un fossé de sang entre sunnites et chiites, et qui a détourné par ses excès un grand nombre de patriotes irakiens de la résistance à l’invasion américaine – demeure un mystère. Sa naissance, son fondateur le Jordanien Abou Mousseb al-Zarqaoui, ses parrains réels, ses objectifs véritables baignent dans le flou… Mais la rumeur prétend que les services spéciaux jordaniens, parmi les meilleurs du Moyen-Orient, auraient réussi à « contrôler » Zarqaoui depuis qu’il avait été détenu dans les geôles du royaume hachémite, au milieu des années quatre-vingt-dix. Or, la Jordanie, ainsi que ses partenaires israélien et britannique considèrent depuis la chute du président Saddam Hussein, que l’Iran et ses alliés sont l’ennemi numéro 1, à réduire par tous les moyens.

Comment les chiites du Moyen-Orient réagissent-ils à l’offensive salafiste tous azimuts ? Globalement minoritaires, leur intérêt, s’ils veulent continuer à peser, est de résister à la tentation du repli et de la vindicte, d’adopter des postures panislamiques et de souligner des affinités avec les sunnites. Téhéran l’a bien compris, qui ne cesse d’exhiber son soutien à la cause palestinienne, et de consacrer tous les ans à Jérusalem (Al-Qods), troisième lieu saint de l’islam, le dernier vendredi du mois de ramadan. L’Iran et les chiites s’empressent aussi de condamner avec la dernière énergie, à l’unisson des musulmans sunnites, toute atteinte à l’image du Prophète, et notamment la diffusion sur Internet du court-métrage L’Innocence des musulmans.

Les organisations chiites libanaises ne sont pas en reste. Malgré un rapport de forces militaire qui leur est nettement favorable, et en dépit de multiples provocations adverses (outrances verbales du cheikh Assir, enlèvement en Syrie d’une douzaine de pèlerins chiites libanais, etc.), le Hezbollah et son allié chiite le mouvement Amal s’abstiennent de toute confrontation physique avec les salafistes. Il s’agit certes, aussi, de faire oublier la conquête-éclair de Beyrouth Ouest par les milices chiites libanaises, il y a quatre ans… En Irak, les dirigeants et les mouvements chiites, forts du poids démographique de leur communauté, n’ont pas su – ou voulu – éviter la déchirure, après les carnages provoqués par AQI devant les mausolées des imams. Al-Daawa, le Conseil supérieur islamique et l’Armée du Mahdi imposent au contraire de plus en plus ouvertement leur suprématie à leurs compatriotes sunnites. En Syrie enfin, le régime du président Assad – allié de Téhéran et des chiites – utilise en maintes circonstances, comme instrument répressif privilégié, la milice des chabbîha dont le recrutement est essentiellement communautaire, alaouite. Une stratégie à haut risque, à terme, qui peut envenimer la rupture avec les sunnites, six fois plus nombreux !

Que réservent les lendemains ? Les tensions et exactions confessionnelles se poursuivront tant que durera le bras de fer entre l’Iran d’une part, l’Arabie et l’Occident de l’autre. Mais de nombreuses passerelles subsistent, qui peuvent atténuer les antagonismes. Pour commencer, les alliances entre communautés non sunnites ne sont pas homogènes : des divergences essentielles, nées de la foi et de l’histoire, empêchent tout pacte à long terme entre chiites, alaouites et druzes. Même si la quête d’une Syrie alliée reste un must pour l’Iran, qui projette une zone d’influence continue reliant la Caspienne à la Méditerranée… Par ailleurs, chacune des confessions concernées est loin d’être politiquement monolithique. Les druzes syriens restent majoritairement favorables au président Assad alors que leurs coreligionnaires libanais penchent pour la partie adverse. Les leaderships chiites eux-mêmes – dans certains pays comme l’Afghanistan ou Bahreïn – ne sont pas toujours alignés sur Téhéran. Et à Beyrouth, le président du Parlement Nabih Berri, qui commande le parti Amal, s’écrie, il y a quelques semaines : « Nous sommes chiites sur la carte d’identité, sunnites de cœur et Libanais avant tout ! »

Les sunnites, pour leur part, sont parfois partagés dans leur opposition à l’Iran. Vestiges de la période où l’imam Khomeiny (1902-1989) fascinait une partie non négligeable du monde musulman, dans les années quatre-vingt, plusieurs organisations sunnites militantes lorgnent vers la république islamique. C’est le cas du Jihad islamique palestinien et même du Hamas, dont l’un des ténors, Mahmoud Zahar, a encore rencontré le 11 septembre dernier, pendant six heures, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Au pays du Cèdre, le Mouvement de l’unification islamique (Tawhîd), autrefois âme de la résistance de Tripoli face à l’armée syrienne, et le Rassemblement des oulémas musulmans (sunnite) n’ont toujours pas renié leurs amitiés iraniennes. Même les Frères musulmans libanais (Jamâa islâmiya) n’ont pas oublié les raids qu’ils menaient avec le Hezbollah contre l’occupant israélien, il y a vingt-cinq ans.

Quant à la branche égyptienne de la confrérie, désormais au pouvoir, elle préconise la participation de Téhéran aux efforts de règlement du conflit syrien. Il faut dire qu’au Caire l’Université islamique al-Azhar reconnaît le rite jaafarite – c’est-à-dire chiite – au même titre que les quatre autres rites sunnites qu’elle enseigne. De leur côté, la plupart des confréries sunnites soufies, à l’exception notable de la Naqchbandiya, vénèrent particulièrement l’imam Ali, icône du chiisme. En définitive, seuls les talibans afghans et leurs maîtres à penser pakistanais du Jamiyat-ul-Ulama (JUI), ainsi que les salafistes, semblent vouer aux chiites et à l’Iran une hostilité irréductible

Bref un embrasement généralisé chiites-sunnites paraît exclu. Mais combien de vies seront encore sacrifiées ou saccagées avant que cette fitna (discorde, sédition) ne soit finalement résorbée?