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Relations consolidées

Alexandre Hawari de Nov 12, 2013 - 16:23 dans International

Depuis le début de l’année en cours, le rapprochement entre Paris et Riyad devient plus étroit dans presque tous les domaines de la coopération bilatérale. Ces relations englobent

aussi bien le politique et l’économique que le militaire. Ce n’était pas le cas du temps du mandat de l’ancien président, Nicolas Sarkozy. En effet, au cours des dix premiers mois de 2013, les visites réciproques des responsables politiques des deux pays n’ont cessé de s’intensifier. Dans ce contexte, l’Arabie Saoudite attend la visite officielle du chef de l’État français avant la fin de l’exercice en cours. Une visite qui serait couronnée, selon les milieux proches de l’Élysée, par la concrétisation de plusieurs contrats portant sur les domaines de la défense et des infrastructures. En octobre dernier, les différentes rencontres ont été concentrées sur la signature de contrats dans le domaine de la défense et sur la préparation de projets dans d’autres secteurs. Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, est

devenu au fil des jours l’artisan de la mise en place de cette coopération et le spécialiste capable de lever tous les obstacles qui dans le passé ont pu freiner ce rapprochement. Des sources concordantes à Riyad et à Paris confirment que la signature du contrat de renouvellement du système de défense aérien saoudien de type Crotal, entre le groupe de défense électronique Thales et le ministère saoudien de la Défense, verra le jour prochainement. Du côté des analystes politiques français, on affirme que ces relations consolidées contribueront à la naissance d’un axe stratégique entre les deux pays.

LIBAN

L’indifférence du Hezbollah

Depuis le rapprochement relatif entre l’Iran et les États-Unis, le parti chiite libanais Hezbollah durcit ses positions au plan interne tout en gardant un profil bas. Dans ce contexte, son numéro 2, cheikh Naïm Qacem, connu pour être le « pur et dur » de cette formation a passé récemment un message au président de la république, Michel Soleïmane, et à l’ancien Premier ministre Fouad Sanioura, qui voulaient écarter le

Hezbollah du nouveau gouvernement lorsque Washington avait l’intention de frapper militairement la Syrie. Le Hezbollah, selon lequel chaque bloc parlementaire serait représenté d’après le nombre de ses députés, aura plus de ministres, d’autant qu’il insiste, cette fois, pour obtenir un ou deux des ministères de souveraineté. Le parti islamique chiite ferme toutes les portes devant ceux qui tentent de se rapprocher de lui par crainte d’une revanche politique. Cela s’applique, en premier lieu, au leader druze, Walid Joumblatt, qui, malgré toutes ses tentatives auprès de Haj Wafic Safa, proche conseiller du leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, n’a pas réussi à être reçu par ce dernier. Ce qui a été le cas pour certaines figures politiques chrétiennes, sauf pour les leaders du mouvement palestinien Hamas et quelques groupuscules islamistes sunnites de la région d’Akkar qui étaient contre le Hezbollah et le régime syrien. Par ailleurs, Aries a appris que le Hezbollah va nommer comme représentants au nouveau gouvernement des combattants qui avaient participé à la guerre de 2006 contre Israël.

LIBYE

Retour des tribus

El-Anoud, fille d’Abdallah el-Senoussi, l’ancien patron des services secrets du régime de Kadhafi, se trouvant dans la prison centrale de Tripoli, a été libérée par un mouvement militaire islamiste. Son retour dans le fief de sa tribu El-Megharha – la plus puissante tribu de la Libye, basée au Sud –, sonne l’heure de la vengeance. À cet égard, les Megharhas, qui contrôlent le grand fleuve artificiel qui alimente tout le pays en eau potable, ont décidé de punir la capitale Tripoli, et de faire plier les forces politiques, toutes tendances confondues. Aujourd’hui, on craint une alliance entre les tribus de l’Est – sur les territoires desquelles se trouvent 80 % des ressources pétrolières –, certaines tribus de l’Ouest, et même la tribu des Guedadfas (berceau du colonel Kadhafi). Si ce scénario se réalisait, la donne serait totalement changée. On assisterait en effet à un retour des tribus… Les grands pays occidentaux impliqués et les voisins arabes ne seraient pas contre.