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L’Oncle Sam et le Mandarin

Alexandre Hawari de Fév 18, 2014 - 18:52 dans International

L’Oncle Sam et le Mandarin

Le général Henri Paris a écrit plusieurs ouvrages et une série d’articles dans de nombreuses revues.

L’auteur anime un club de réflexion politique, « Démocraties », qui ne traite pas uniquement de sujets à consonance militaire, loin s’en faut…

Henri Paris traite dans son livre L’Oncle Sam et le Mandarin des relations entre les États-Unis et la Chine. Il entreprend une analyse profonde et contemporaine de ces deux États avant de plonger dans la prospective.

Selon lui, pour reprendre un adage commun, deux crocodiles ne peuvent vivre dans le même marigot, en l’occurrence l’océan Pacifique. En outre, il s’agit des deux premières puissances économiques au monde, ce qui, en soi, en fait déjà des concurrents.

Les deux pays, chacun en ce qui les concerne, éprouvent des difficultés économiques, sociales, sociétales et politiques qui les amènent à rechercher des compensations dans l’arène internationales.

La course à la ressource en hydrocarbures, dont les deux nations ont un besoin absolu pour soutenir leur économie, trace les contours d’autant de champs d’affrontement. On a trop dit que l’une des faiblesses majeures des États-Unis était tant dans le déficit interne que dans celui des paiements extérieurs. La Chine est en première place pour éponger la dette américaine en engrangeant du dollar, monnaie de réserve internationale. Cela rendrait les deux pays dépendants l’un de l’autre. Il n’y a rien de plus inexact car une dette se règle facilement en organisant une dévaluation massive. Par ailleurs, sa dette en 1939, n’a pas empêché l’Allemagne de se jeter dans une aventure guerrière.

Les deux pays se sont lancés dans une course aux armements qualitatifs et innovants qui n’augure certes pas d’une ère de paix dans la grande région du Pacifique et de l’Asie du Sud-Est.

La Chine est surclassée par les armements américains, mais l’innovation arrive pour combler des retards autrement irrattrapables. Il en est ainsi de la cyberguerre employée en tant que défense antimissile balistique à tête nucléaire ou conventionnelle. Cela ruine la dissuasion et, par là même, rétablit la possibilité d’un conflit armé entre puissances possédant un potentiel antimissile suffisant. Or, c’est à ce genre de course que se livrent, entre autres, Américains et Chinois. Au chapitre de l’antimissile, les États-Unis ont déjà établi une défense de leur territoire par des systèmes de missiles entrant en collision avec le missile assaillant.

Ils se servent aussi de leurs alliés respectifs – ou de leurs ennemis – pour se livrer une bataille qui revêt, pour l’instant, des aspects économiques, mais qui pourrait dans un avenir pas si lointain devenir plus dangereux. De cette nouvelle guerre froide entre L’Oncle Sam et le Mandarin, Henri Paris se pose la question de conflits régionaux qui peuvent dégénérer.

L’auteur a mêlé dans sa carrière des postes de conseiller auprès d’un Premier ministre comme auprès de deux ministres de la Défense, avec des fonctions opérationnelles à la tête de grandes unités, telles que la Deuxième Division blindée. C’est un personnage atypique, passionné d’une rigoureuse prospective. Il a écrit plusieurs ouvrages et une série d’articles dans de nombreuses revues. Il continue aussi à animer un club de réflexion politique, « Démocraties », qui ne traite pas uniquement de sujets à consonance militaire, loin s’en faut.