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Une technologie éclairée

Alexandre Hawari de Jan 12, 2014 - 18:49 dans Economie

Une technologie éclairée

Agostino Renna, P-DG de General Electric Lighting pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, nous parle des solutions d’économie d’énergie dans l’éclairage de la région.

Par Atique Naqvi, Dubaï

rendement

« L’éclairage joue un rôle essentiel dans l’équation du rendement énergétique, et ce dernier joue manifestement un rôle essentiel dans le changement climatique »

Quelle est l’importance de l’éclairage et comment ce secteur évolue-t-il ?

Le secteur mondial de l’éclairage évolue vers la technologie des diodes électroluminescentes [DEL]. Nous sommes à Dubaï pour le Light Middle East 2013, (salon international de l’éclairage) pour montrer certains de nos nouveaux produits, spécialement dans le domaine des DEL. L’une des principales raisons de notre présence ici est de communiquer certaines de nos idées, sur l’importance de l’éclairage dans le cadre du rendement énergétique et du changement climatique.

L’éclairage joue un rôle essentiel dans l’équation du rendement énergétique, et ce dernier joue manifestement un rôle essentiel dans le changement climatique. Notre secteur traverse actuellement une période de transformation, qui est en fait déterminante. Nous passons de ce que nous qualifions de technologies traditionnelles vers l’éclairage DEL, ce qui est – le meilleur exemple que je pourrais prendre – un mouvement de l’analogique vers le numérique. Accompagné en cela d’une réinvention de la chaîne de valeurs qui soutient le secteur.

L’une des autres raisons pour lesquelles nous sommes présents pour cet événement est d’apprendre des autres acteurs, de faire en sorte de pouvoir s’unir et de nous adapter au futur.

General Electric (GE) se trouve dans la région depuis un certain temps. Quelle est l’importance du marché de la zone Middle East and North Africa (Mena) ?

General Electric est dans le domaine de l’éclairage depuis près de cent trente ans, et nous sommes dans la région depuis très longtemps. La partie constituée par le Moyen-Orient, l’Afrique et la Turquie [Meat], représente environ un tiers de notre chiffre d’affaires total de la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique, ou Emea, et c’est donc une force importante. La zone dont je suis en charge est en plein développement en ce moment, et nous sommes donc très enthousiasmés par la région.

Quels sont les plus grands marchés pour GE Lighting au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ?

L’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis [EAU] sont actuellement les deux marchés où nous travaillons le plus, pour des raisons différentes. Dans les EAU, il y a un grand nombre de projets de construction, dont certains sont très importants, et nous y voyons des opportunités passionnantes.

En Arabie Saoudite, une attention très particulière est portée au rendement énergétique, dans les nouvelles constructions et les nouveaux projets. Le royaume a très bien compris que l’on faisait plus d’argent en exportant de l’énergie qu’en la consommant localement. La stratégie du rendement énergétique en Arabie Saoudite est donc essentiellement celle du coût lié à la consommation locale, contre l’exportation de l’énergie. Les Saoudiens travaillent très sérieusement à la réduction de leur consommation locale.

De grandes multinationales tendent à localiser leurs produits et à régionaliser leurs chaînes d’approvisionnement… Comment GE Lighting s’adapte-t-elle à la région arabe ?

Dans le secteur de l’éclairage, nous avons un centre de distribution à Dubaï. En termes de fabrication, notre outil industriel entier est en passe d’être réinventé et réévalué. Comme je l’ai dit précédemment, nous sommes dans une période de transition, d’un ensemble de technologies existantes, vers les DEL, et l’une des choses en lesquelles nous croyons est l’importance de la localisation.

Nous avons annoncé deux accords de coopération, l’un avec la Change Initiative et l’autre avec l’Université américaine de Dubaï. Les deux sont des indicateurs de notre volonté de localisation, et de notre désir que cela se traduise par notre outil industriel, ou par la promotion des talents locaux et des professionnels, avec lesquels nous collaborerons pour développer notre entreprise dans l’avenir.

Ce n’est pas toujours la localisation classique de l’outil industriel, mais nous savons que le moyen le plus efficace de rester compétitifs sur les marchés régionaux est de le faire avec des personnes locales. Ces rapports sont véritablement notre façon d’encourager la valorisation des professionnels et des responsables locaux de notre entreprise.

Quelles sont les tendances majeures qui ont émergé dans le secteur de l’éclairage en dehors des changements de technologies ?

Sans aucun doute, la technologie est en train de changer et de passer de ce que nous appelons « sources de lumière traditionnelles » – à commencer par la lampe incandescente, inventée par Thomas Edison, fondateur de notre compagnie – à des technologies différentes, comme les lampes à décharge à haut rendement et les technologies halogènes… qui sont maintenant toutes considérées comme traditionnelles. Les DEL sont en fait une émission de diodes luminescentes, que le secteur a su associer en différentes tailles et formes, afin de pouvoir générer de la lumière de la même façon que vous le feriez avec les technologies traditionnelles.

L’avantage est que les DEL consomment des fractions de la quantité d’énergie, pour des qualités et des quantités équivalentes de lumière. C’est en effet une révolution technologique, et en termes d’objectifs, nous avons déterminé trois sphères d’optimisation.

La sphère numéro un est ce que nous appelons « optimiser dans un but ». Cela signifie qu’avant d’entrer dans l’économie d’une installation ou d’une solution d’éclairage, vous devez d’abord comprendre ce que le client essaie de faire au niveau de son emplacement. Pour un client de détail, ce sera à propos de l’expérience en matière d’achats ; pour une municipalité, cela concernera la sécurité des concitoyens. Mais chacun a ses motivations, et je dis toujours que si vous optimisez dans un but économique mais que vous oubliez l’objectif, vous n’avez en fait rien accompli.

La deuxième étape est d’optimiser les solutions d’éclairage dans une perspective d’économie. Ce qui concerne la façon dont vous combinez les parties et les éléments adéquats de la technologie, pour fournir la quantité et la qualité de lumière appropriées, au plus bas coût possible d’exploitation. Les deux piliers – l’objectif et l’économie – nous étaient accessibles avec les technologies traditionnelles. Le troisième pilier, qui devient désormais accessible au moyen des DEL, est ce que nous appelons « l’optimisation pour le comportement ou pour le tempérament ».

En entrant dans l’espace numérique avec ces technologies, vous pouvez obtenir, par exemple, des luminaires intelligents, des luminaires dotés d’une adresse IP, qui auront non seulement la capacité de recevoir des informations, mais également d’en renvoyer, et vous pourriez envisager d’être à même d’ajuster la quantité et la qualité de la lumière dans un espace, en fonction de ces luminaires détectant le tempérament ou la manière dont cet espace est utilisé. C’est la partie à propos de laquelle nous sommes le plus enthousiastes. Nous devons maintenant optimiser cette capacité pour le comportement et le contrôle renforcé que vous obtenez grâce à l’éclairage électroluminescent. Un nouveau monde s’ouvrira ainsi à nous.

Quels sont vos principaux clients dans la région ?

Les municipalités sont un secteur dans lequel nous investissons largement, et cela se reflètera dans différents types de partenariats. Nous soutenons de nombreux gouvernements dans les EAU et dans d’autres pays du Golfe. Nous avons aussi des clients stratégiques importants, qui possèdent de nombreux immeubles et même des projets entiers.

Le troisième point sur lequel nous nous concentrons, qui est d’une importance particulière pour cette région, est de bâtir un nouvel écosystème de partenaires, qui nous permettra d’aborder le marché du nouveau monde. Nous continuons à avoir de nombreux entretiens avec nos partenaires financiers intéressés à l’idée de prêter de l’argent pour des projets de rendement énergétique.

Quels sont les défis posés par les fabricants de produits à bas prix ?

Les économies de marché libre laissent les bonnes entreprises réussir et les mauvaises échouer. C’est juste un phénomène naturel. Au fil du temps, les bonnes compagnies du secteur des DEL vont s’élever, et les mauvaises vont tomber. Il y a beaucoup de valeurs dans le monogramme de GE, et vous savez que vous achetez la technologie d’une entreprise qui œuvre depuis cent vingt-cinq ans.

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