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Un avenir prometteur pour la Région

Alexandre Hawari de Mai 20, 2013 - 17:54 dans Economie

Pour Fahd al-Rachid, directeur général d’Emaar, les projets comme King Abdullah Economic City sont la force motrice du secteur de l’infrastructure.

 

Par Sayed Hussein

Instabilité

« En ce qui concerne le développement industriel, nous avons réussi à attirer près de cinquante sociétés dont plusieurs sont des entreprises mondiales, comme Pfizer, Sanofi,

Mars et Total. »

Quel est le statut actuel de King Abdullah Economic City, projet en cours d’exécution depuis quelques années?

Nous avons entamé le projet de King Abdullah Economic City il y a sept ans déjà. Le progrès accompli jusqu’à présent est significatif. Parmi les principales zones dont les travaux ont connu une belle croissance figure le port, dont le premier quai sera ouvert à la fin de cette année.

En ce qui concerne le développement industriel en Arabie Saoudite, nous avons réussi à attirer près de cinquante sociétés dont plusieurs sont des entreprises mondiales, comme Pfizer, Sanofi, Mars et Total. Toutes ces sociétés ont déjà entamé la construction de leurs projets et certains d’entre eux seront inaugurés cette année même. Quant au développement du secteur résidentiel, nous sommes en train d’initier la création de plusieurs installations. Une école a été inaugurée l’année dernière, un hôtel sera prêt le mois prochain… De même, notre énergie se porte vers le développement de 4 000 unités résidentielles qui conviennent à tous les niveaux de revenus.

Le développement de King Abdullah Economic City a-t-il été ralenti par la crise mondiale ?

Il est évident que personne n’a tiré profit de la crise financière, ni les investisseurs ni nous, mais je pense que nous avons réussi à bien la gérer. De plus, elle nous a rendus plus forts, étant donné que nous avons examiné notre modèle économique puis étudié le projet sous une perspective d’investissement financier.

Nous allons de l’avant, et nous espérons que la croissance de notre projet pourra stimuler celles du royaume et de la région. L’Arabie Saoudite élabore de grands plans de dépenses en termes d’infrastructure et surtout de dépenses publiques.

Que pensez-vous de l’environnement de la construction et de l’infrastructure dans le Royaume ?

Tout d’abord, nos investissements sont importants dans les infrastructures logistiques, les ports, les aéroports. Le port de King Abdullah Economic City, une fois achevé, se placera parmi les dix plus grands du monde. Nous consacrerons ensuite nos efforts à doubler le nombre de conteneurs.

De même, nous construisons des chemins de fer partout dans la ville. Le chemin de fer Haramain sera le lien entre King Abdullah Economic City, d’une part, et Djeddah, La Mecque et Médine, d’autre part. Il profitera à huit millions et demi de personnes. Nous travaillons aussi sur plusieurs projets stratégiques. Pour l’industrie, le Royaume est en pleine expansion et œuvre à réaliser le programme de regroupements.

Enfin en ce qui concerne l’habitat, nous devons construire quatre millions d’unités de logement d’ici à quinze ans, et le gouvernement a accordé une somme de 70 milliards de dollars pour la construction de 500 000 unités. La loi sur l’hypothèque nous aidera à construire le reste.

Je suis confiant, l’avenir s’annonce prometteur. Beaucoup de réformes économiques menées par le roi Abdallah s’avèrent aujourd’hui rentables.

Le programme d’investissement du gouvernement a connu un succès exceptionnel et il a contribué à la relance et au sauvetage du royaume d’Arabie Saoudite. Nous n’en avons pas encore récolté les fruits, mais cela s’accomplira dans les années à venir.

 Les entreprises mondiales et les investisseurs réalisent que le royaume a un potentiel considérable. Mais ceux qui arrivent de l’extérieur de la région ne savent pas comment trouver une voie d’entrée sur le marché saoudien… Pensez-vous qu’il y ait un manque d’informations à propos des opportunités existant dans votre pays ?

En effet, l’investissement en Chine et en Inde a été largement promu, vu qu’ils sont les deux pays les plus peuplés du monde. Cela se poursuivra, mais désormais on voit les pays du Moyen-Orient jouir d’une attention particulière, en particulier ceux du Golfe arabe.

En fait, la croissance au Moyen-Orient n’a pas reculé, même durant la crise économique mondiale. Nous devons tout simplement être le centre de l’énergie du monde. Cela aidera à promouvoir notre secteur manufacturier, surtout avec les entreprises dont les produits sont à forte intensité énergétique ou dérivés d’hydrocarbures qui viennent s’établir dans nos pays. Au cours de ces derniers mois, la progression a été finalement assez rapide.

Par ailleurs, plus de groupes pharmaceutiques et d’entreprises produisant des biens de grande consommation viennent s’installer dans nos pays. Nous avons réussi à en attirer un grand nombre. Le potentiel est important, mais nous pourrions faire mieux. Nous pouvons toujours faire mieux !

Quels sont les principaux enjeux que vous avez pu définir au cours du Forum économique de Davos 2013 ?

Malgré les défis auxquels se heurtent l’Europe et les États-Unis à cause de leur déficit budgétaire, et en dépit des répercussions du printemps arabe sur le monde arabe, je ressens encore une grande énergie chez les gens, même plus importante que celle que l’on a pu ressentir l’année dernière. Je suis donc optimiste malgré les difficultés, et je trouve que l’avenir s’annonce prometteur, surtout pour notre région, d’autant que nous avons un potentiel de jeunes talents dont nous devons profiter. Je pense que cela sera possible grâce à des projets comme King Abdullah Economic City.