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Mohamed Laksaci, gouverneur de la Banque d’Algérie (BA).

Alexandre Hawari de Nov 12, 2013 - 17:03 dans Economie

Mohamed Laksaci, gouverneur de la Banque d’Algérie (BA).

efficacité

« Des actions additionnelles sont engagées en 2013 pour rendre le dispositif de contrôle de la Banque d’Algérie plus efficace »

La Banque d’Algérie a mis en place de nouvelles mesures réglementaires encadrant les opérations de banques…

Les opérations de banques sont définies dans l’ordonnance relative à la monnaie et au crédit, modifiée et complétée. Si vous faites référence aux conditions de banque, il est utile de noter que les taux d’intérêts créditeurs sont fixés librement par les banques depuis le début de la réforme monétaire et financière (1990), et que les taux débiteurs le sont depuis la moitié des années 1990. Par ailleurs, dans le cadre de la protection de la clientèle, un règlement du Conseil de la monnaie et du crédit (2013) a mis en place des règles visant à encadrer certaines commissions appliquées par les banques, en phase avec les leçons tirées de la crise financière internationale.

Le contrôle du système bancaire est en phase d’élaboration par le ministère de tutelle…

Le contrôle du secteur bancaire relève des prérogatives du Conseil de la monnaie et du crédit, en tant qu’autorité monétaire, de la Commission bancaire et de la Banque d’Algérie. Le cadre légal relatif au contrôle et à la supervision des banques et établissements financiers a été renforcé en 2010 et les instruments de contrôle ont été significativement développés au cours des années 2011 et 2012. Le cadre prudentiel a été sensiblement enrichi, le dispositif de contrôle sur pièces, sur la base des reportings, a gagné en densité et les opérations de contrôle sur place au niveau des banques ont été intensifiées. Ces opérations sont menées de manière permanente par les inspecteurs de la Banque d’Algérie, sur la base d’un cadre opérationnel du contrôle bancaire affiné. Cependant, des actions additionnelles sont engagées en 2013 pour rendre le dispositif de contrôle de la Banque d’Algérie plus efficace. Cela contribue à la solidité des indicateurs financiers du système bancaire en Algérie. En particulier, les banques sont bien capitalisées, très liquides et rentables. Elles le sont aussi comparativement à la région et en référence aux normes internationales.

En quoi consiste le système de notation des banques mis en place par la BA ?

Une nouvelle méthodologie prudentielle développée par la Banque d’Algérie repose sur une approche fondée sur une vision plus prospective des risques. Après une phase de test au niveau de deux banques en 2012, la mise en œuvre est soutenue à partir de l’année en cours, corrélativement à une évaluation plus fine des risques crédits.

Un taux d’inflation a battu des records, frôlant 10 % en 2011. Or, ce dernier enregistre une décélération importante lors du premier trimestre 2013. Quelles mesures ont été prises pour atteindre cet objectif ?

En effet, après douze années de bonne tenue de l’inflation, soit un taux d’inflation inférieur à 5 % entre 2002 et 2011, à l’exception de 2009 (5,74 %), malgré l’excès structurel de liquidité en contexte d’expansion des dépenses budgétaires, l’année 2012 a été marquée par un taux d’inflation élevé en moyenne annuelle (8,89 %). La nature endogène du phénomène inflationniste est déterminante, mais en situation de décélération des rythmes de croissance monétaire et de progression des crédits bancaires à l’économie. La BA a pris, dès mi-2012, des mesures pour renforcer le contrôle de l’excès de liquidité sur le marché monétaire et ainsi, endiguer son effet inflationniste. Ces mesures de renforcement des instruments de la politique monétaire conduite par la BA et de son efficacité sur le terrain ont été consolidées en janvier 2013 par le nouvel instrument de reprises de liquidité à six mois, pendant que les pouvoirs publics ont pris des mesures visant à lutter contre certaines causes de l’inflation endogène. Au total, il en a résulté une décélération du taux d’inflation dès le premier trimestre 2013, suivie par une désinflation puisque le taux est estimé à 5,32 % en moyenne annuelle et à 2,17 % en glissement, à septembre 2013. Notons que la décélération monétaire est confirmée en 2013, alors que la dynamique des crédits à l’économie est plus soutenue, appuyée par une nette amélioration des conditions financières, notamment au profit des PME. Le développement du canal crédits à l’économie s’opère donc dans un contexte de stabilité monétaire et financière en Algérie.

La stratégie pour une maîtrise de l’inflation est-elle réalisable dans une économie marquée encore par l’importance de l’informel et de l’économie parallèle ?

La politique monétaire, étayée par la conduite flexible de la politique de taux de change, joue un rôle actif dans la préservation de la stabilité macroéconomique en Algérie. Le rôle de la politique monétaire dans la lutte contre l’inflation est assuré par la Banque d’Algérie, d’autant plus que l’objectif d’inflation explicite a été institué en août 2010. Après le « pic » enregistré en 2012, la désinflation qui caractérise l’année 2013 démontre la stabilité monétaire et financière en Algérie. Les prévisions revues en septembre 2013 indiquent que l’inflation de 2013, en moyenne annuelle, serait dans les limites de l’objectif à moyen terme arrêté par le Conseil de la monnaie et du crédit.

Quelles sont les principales mesures prises par la BA pour assurer le maintien de la stabilité financière de l’Algérie ?

Les progrès en matière de stabilité macrofinancière remontent au début des années 2000, après le choc externe de 1998/1999, et ont été plus soutenus à partir de 2004. En conséquence, l’amélioration de la position financière extérieure nette de l’Algérie et sa solidité avérée permettent de faire face à d’éventuels chocs externes. En effet, le niveau des réserves officielles de change est élevé et l’encours de la dette extérieure est historiquement bas. Cependant, la balance courante reste vulnérable à toute évolution baissière du prix du pétrole, en situation de demande d’importations élevée et de faiblesse structurelle des exportations hors hydrocarbures. Quant à la stabilité financière, il ressort clairement d’un rapport publié sur cette question une solidité des indicateurs. Pour mémoire, les missions de la BA en termes de supervision et de contrôle bancaire ont été renforcées dans le cadre de ses nouvelles prérogatives en matière de stabilité financière (2010). En outre, le renforcement du cadre de stabilité financière engagé depuis, y compris le volet macroprudentiel, se poursuit de manière soutenue, car la BA doit s’assurer en permanence de la sécurité et de la solidité du système bancaire.

Quelles sont les principales actions engagées pour la modernisation des systèmes d’information des banques ?

Les systèmes de paiement modernes mis en place en 2006, et en cours de mise à jour, constituent pour les banques un ancrage important pour améliorer leurs systèmes d’information. En effet, des progrès importants ont été réalisés, à en juger par le bon fonctionnement des systèmes des paiements. Ces efforts doivent se poursuivre en phase avec la mise à jour des systèmes des paiements, mais aussi pour une amélioration constante des opérations bancaires, notamment pour favoriser une plus grande inclusion financière. Cela permettra également d’asseoir une meilleure allocation des ressources ancrées sur une meilleure gestion des risques.

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priorités

« L’amélioration de la position financière extérieure nette de l’Algérie et sa solidité avérée permettent de faire face à d’éventuels chocs externes »

Des indicateurs au vert

Mohamed Krim, directeur général de la Société nationale de leasing (SNL).

crédits

« Selon les chiffres de la Banque d’Algérie, le pays est classé parmi ceux qui accordent le plus de crédits à l’échelle mondiale »

Pouvez-vous nous dire ce qu’est la Société nationale de leasing ?

La SNL a été créée à la suite de directives des pouvoirs publics aux banques publiques pour diversifier des instruments de financement par la création de filiales. C’est une filiale de la Banque nationale d’Algérie (BNA) et la Banque de Développement local (BDL) qui a été agréée par la Banque d’Algérie en 2011. L’entreprise a démarré son activité en juin 2011 et dispose d’un capital de 3,5 milliards de dinars.

En quoi consiste le leasing ?

Le leasing comme mode financement des investissements est un contrat de crédit-bail destiné aux entreprises en phase de développement. Nous finançons le développement des activités comme l’achat ou le renouvellement des équipements et l’extension de l’entreprise. Cela n’exige donc pas de garanties.

Le rôle des sociétés de leasing est de participer activement au

financement de diverses activités économiques dont l’industrie, le bâtiment et les travaux publics, l’hydraulique, les services ainsi que les activités professionnelles libérales et commerciales. Nous finançons uniquement les investissements productifs comme les équipements spécifiques du secteur de l’industrie. Nous accompagnons les entreprises dans la création de richesses et d’emplois. Nous sommes aussi engagés dans le refinancement des projets pour lesquels nous sollicitons des emprunts obligataires auprès de la Bourse d’Alger ou des financements standards auprès de nos banques actionnaires et autres établissements.

Quels sont vos principaux produits et services ?

Nous proposons le leasing mobilier, destiné par exemple aux secteurs médical, industriel, transport et services. Nous envisageons de lancer le leasing immobilier. Nous avons un portefeuille de clients très prometteur. Nous avons financé près de 200 entreprises et notre encours financier est de 2 milliards de dinars. En 2013, notre activité s’est renforcée puisque nous avons donné notre approbation pour des engagements évalués à 4,5 milliards de dinars.

En dépit des disponibilités confortables des banques, le financement de l’économie reste limité. Comment l’expliquez-vous?

Le manque de financement de l’économie nationale résulte du manque de bancabilité des projets. Ces projets ne sont pas orientés vers la promotion de l’économie productive. Ce cas ne se pose pas vraiment dans le cadre des financements par leasing car la clientèle est constituée essentiellement d’entreprises qui ont une santé financière fiable et présentent de bonnes perspectives de développement. Il est important de signaler que le financement des investissements par les banques et les établissements financiers a nettement augmenté cette dernière décennie. Selon les chiffres de la Banque d’Algérie, le pays est classé parmi ceux qui accordent le plus de crédits à l’échelle mondiale.

Quelles sont les perspectives de développement du leasing dans le financement des activités économiques et commerciales ?

Aujourd’hui, l’offre du financement par leasing est inférieure à la demande. Les entreprises le sollicitent de plus en plus et nous devons répondre à ces attentes. Notre activité connaît une progression importante, tous les indicateurs sont au vert pour la promotion du financement par leasing, lequel contribuera efficacement au développement du monde de l’entreprise de façon générale et des petites et moyennes entreprises en particulier.

Un marché riche d’opportunités

Pouvez-vous nous présenter le groupe HSBC ?

Le groupe, originellement appelé « Hongkong and Shanghai Banking Corporation », est né en 1865 en Asie. Aujourd’hui, il est implanté dans de nombreux États dont les pays émergents où il est considéré comme une banque des marchés internationaux d’échanges. Nous sommes aussi présents dans les pays arabes dont les Émirats arabes unis, l’Arabie Saoudite, Oman et plus généralement dans le golfe Arabique. Nous opérons sur le marché algérien depuis 2008 où nous sommes actifs dans les deux principales villes économiques du pays, Alger et Oran.

Que représente pour vous le marché algérien ?

Ce marché offre de bonnes opportunités pour développer des activités bancaires et financières. Il se caractérise par des besoins importants dans ce domaine. L’intérêt que nous lui portons est justifié par les liens et les échanges que l’Algérie développe avec certains pays où sommes présents historiquement, comme la France, la Turquie et la Chine. Nous sommes implantés à l’international, et nous nous intéressons essentiellement au développement de l’interconnectivité entre nos clients. Nous avons ciblé notre propre clientèle sur le marché local et la clientèle grands comptes. Notre institution s’intéresse également au segment des entreprises moyennes. Nous définissons les besoins de notre clientèle et nous proposons des solutions adaptées pour la gestion de la trésorerie.

Quelle est l’évolution de HSBC sur le marché ?

Nous sommes assez satisfaits de nos résultats. Nous avons graduellement pu développer une base de clients et des opérations réussies. Nous tablons sur une évolution et une croissance maîtrisées, car nous nous investissons sur la durée et sur l’apport de la valeur ajoutée de nos produits et services.

Quels sont les principaux produits et services de HSBC ?

Nos actions consistent, entre autres, dans l’octroi des financements du cycle d’exploitation des entreprises. Nous intervenons aussi dans le développement des opérations comme le Cash Management, une des forces du groupe, qui consiste à aider les entreprises à gérer leur flux de trésorerie grâce aux outils électroniques bancaires ainsi que le développement des autres opérations liées au eBanking. L’objectif est de permettre d’interfacer le système de gestion des entreprises avec les outils bancaires, ce qui permet aux entreprises de superviser et de consulter en temps réel les différents modes de paiement, dont les relevés et les transactions bancaires.

De nombreuses entreprises algériennes ont de systèmes informatiques très développés et souhaitent des outils bancaires permettant de tirer profit des investissements technologiques consentis. Une autre frange de clientèle est intéressée par les avantages du Cash Management et n’exclut pas de s’investir dans cette option lors d’une éventuelle restructuration de leur entreprise.

Les manques enregistrés en matière d’intermédiation des opérations en Bourse et du marché des capitaux sont-ils des freins à la dynamisation du secteur ?

Si l’on compare la capitalisation boursière par rapport au PNB, certes l’activité est limitée. Cependant, le gouvernement a mis dans ses priorités d’augmenter les entreprises qui seront mises à la cote. C’est un signe positif, d’autant que d’autres indicatifs positifs sont en marche, comme la croissance économique (+3 %) et les investissements massifs dans

les infrastructures.

François de Maricourt, directeur général du groupe HSBC Algérie.

priorités

« Le gouvernement a mis dans ses priorités d’augmenter les entreprises qui seront mises à la cote, c’est un signe positif »

Une expertise métier

Pierre Boursot, président du directoire de Société générale Algérie.

clientèle

« Société générale Algérie a concentré ses ressources humaines expertes dans le domaine de la clientèle PME en érigeant des centres d’affaires »

Quelle est l’évolution de Société générale Algérie en termes de dépôts et de crédits sur le marché bancaire ces deux dernières années ?

En matière de dépôts, Société générale Algérie a enregistré, en 2012, 146 milliards de dinars contre 120 en 2011. Le stock de crédits directs est passé de 114 milliards en 2011 à 107 en 2012 en raison du remboursement d’un dossier important. Cependant, cette année, les crédits directs repartent à la hausse.

Quels sont vos principaux produits et services proposés au segment des professionnels, notamment dans le leasing ?

Les clients professionnels et entreprises recourent très souvent au leasing pour financer des équipements nécessaires et indispensables à leurs activités. Société générale Algérie offre une expertise métier de plus de dix ans dans ce domaine et propose une solution avantageuse et adaptée à leurs besoins.

Le leasing permet ainsi aux professionnels d’acquérir des équipements (véhicules légers et lourds, engins de TP, matériels médicaux…) nécessaires à leurs activités tout en maintenant l’équilibre de leurs trésoreries. Ce mode de financement offre des avantages considérables : possibilité de financement jusqu’à 100 % de l’investissement sur une durée pouvant aller de trois à cinq ans, amortissement du bien acquis sur la durée du contrat (minimum trois ans), même si la durée de vie économique est supérieure, et meilleure gestion de la trésorerie. Notons que le leasing offre également la possibilité de plus-value du matériel acquis après son rachat en fin de contrat.

Quelles sont vos perspectives de développement en termes de densification du réseau et de diversification des produits bancaires dans les prochaines années ?

Pour les ouvertures d’agences, nous marquons une pause au niveau des grandes villes du nord, comme Alger, Oran et Annaba, ou nous disposons déjà d’un réseau dense. Nous privilégions les villes de l’intérieur et la région du sud, où nous programmons l’ouverture à moyen terme d’une dizaine d’agences. Notre réseau est aujourd’hui constitué de 85 points de vente dont des agences et Business Centers dédiés aux entreprises. Concernant les produits, et en dehors des produits traditionnels de financement dédiés aux entreprises, pour les segments de clientèle de particuliers et de professionnels, nous nous attelons à développer et à diversifier des produits de monétique et de banque à distance. Nous accordons aussi des gammes des prêts immobiliers, de produits d’épargne ainsi qu’une offre de financement dédiée aux professionnels.

Quelle est votre stratégie dans l’accompagnement et le financement des PME/PMI ?

Le groupe accorde une importance particulière au segment de clientèle PME. Ainsi une première approche a consisté à les identifier et à étudier leur concentration au niveau du territoire national. En fonction de la répartition de cette clientèle, Société générale Algérie a concentré ses ressources humaines expertes dans le domaine en érigeant des centres d’affaires. Cette organisation commence à porter ses fruits puisqu’elle assure une grande efficacité opérationnelle notamment dans la qualité de l’accueil de la clientèle et dans le traitement personnalisé pour mieux répondre aux besoins de conseil et de financement. Ces centres d’affaires en tant que pôles d’expertises régionales fidélisent la clientèle PME en mettant à sa disposition un service de qualité.

Les conditions pour une économie saine

Abderrezak Trabelsi, Association des banques et établissement financiers (Abef).

Quel est le rôle de l’Association des banques et établissements financiers (Abef) ?

C’est une association professionnelle des banques et établissements financiers qui rassemble tous les établissements agréés par le Conseil de la monnaie et du crédit. Elle représente ses adhérents auprès des pouvoirs publics, notamment lors de débats concernant le secteur financier et économique. Nous avons d’autres missions comme l’animation technique de la place et la veille au développement des activités du secteur bancaire et financier.

On évoque souvent le manque de financement de l’économie productive. Quel est l’apport des banques dans ce domaine ?

Je pense que 2013 sera une année assez décisive dans la perception que les Algériens ont de la banque. Je m’explique : on croit que l’économie est mal financée par les banques. Or, de nouveaux éléments, dans une étude récente, démontrent que l’octroi des crédits croît de manière exceptionnelle dans le pays. En juin 2013, cette croissance était de 14 % et elle pourrait atteindre près de 29 % à la fin de l’année.

Même si le taux de pénétration du crédit reste faible, l’Algérie est classée parmi les cinq premiers pays qui accordent le plus de crédits au monde. En revanche, le tissu économique du secteur privé, constitué de 98 % de très petites entreprises (TPE) et moins de 300 entreprises réalisant un chiffre d’affaires de plus de 2 milliards de dinars (20 millions d’euros), limite les capacités d’absorption de l’économie nationale et du secteur privé en matière de crédits. Une situation qui peut engendrer une concentration des

crédits sur un nombre limité d’entreprises. En d’autres termes, l’apport du crédit a atteint ses limites. Ce dernier ne peut, à lui seul, développer la nature de l’entreprise. Pour y remédier, des réformes structurelles dans l’environnement direct de l’entreprise sont nécessaires. Le manque des investissements dans l’économie productive est la conséquence de l’absence de ces réformes et non du manque de financement des banques.

Quelles mesures doivent prendre les pouvoirs publics pour mieux financer l’économie productive ?

Des réformes structurelles doivent être en œuvre afin de développer la nature des entreprises. Il faudrait encourager une ouverture plus importante du marché financier, notamment à travers la promotion du marché des capitaux. Les pouvoirs publics doivent réinstaurer les règles économiques afin d’ériger une réelle compétitivité dans la production nationale. Les importations massives, qui pourraient atteindre 60 milliards de dollars à la fin 2013, ne répondent à aucune règle économique. J’irai plus loin, les importations massives, non régulées, sont un véritable poison pour l’économie. Pour réhabiliter la production nationale et encourager les investissements productifs, il est urgent de remettre en place des règles de compétitivité entre les importations et la production.

Pour le secteur financier, l’État doit donner un signal fort en introduisant les champions nationaux dans les secteurs des télécoms, des banques et de l’énergie à la Bourse d’Alger. Le pays dispose des conditions permettant l’émergence d’une économie saine : une dette inférieure à 2 % du PIB, une épargne privée supérieure à l’épargne publique et des recettes en devises qui valent 43 mois d’importations. Les banques sont tout à fait aptes à financer les plus gros projets à condition que des réformes structurelles soient instaurées et appliquées.

réformes

« Le manque des investissements dans l’économie productive est la conséquence de l’absence de réformes et non du manque de financement des banques »