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Libérer le potentiel de l’entrepreneuriat

Alexandre Hawari de Oct 13, 2015 - 04:13 dans Economie

Abdelaziz B. al-Loughani, vice-président du Fonds national pour les PME, nous parle de cet organe destiné aux petites et moyennes entreprises récemment créé au Koweït.

L e Fonds national destiné aux PME (The National Fund for SMEs) est un organe centralisé visant à faciliter l’obtention des licences, les formalités administratives ainsi que le financement des start-up et des petites entreprises dans le pays. Abdelaziz B. al-Loughani nous a déclaré que l’objectif de ce projet est de créer un écosystème entrepreneurial harmonieux, favorisant l’innovation et la croissance dans l’économie du Koweït.

Pouvez-vous nous donner un aperçu sur la façon dont le Fonds national pour le dé- veloppement des PME envisage d’aider à mettre à profit les entrepreneuriats au Koweït ?

Nous sommes une agence nationale de PME dont l’objectif est de développer un écosystème entrepreneurial fonctionnant avec quatre composantes de base. La première est le capital intelligent, qui vient sous la forme d’un apport important aux entrepreneurs, au niveau de l’orientation technique et stratégique, des politiques d’achat où il est demandé aux gouvernements d’acheter des services et des produits aux entrepreneurs, plusieurs phases de financement plutôt qu’une concentration sur un financement initial ou d’amorçage, un accès aux terrains pour les projets industriels, un centre d’information que nous établissons en vue d’aider à alimenter les données qui sont géné- rées mais non utilisées, ainsi que l’accès des compétences, ce qui est vital pour les relations, dans l’évolution des compagnies.

L’agence agit donc essentiellement comme un organe centralisé pour les entrepreneurs ?

Absolument. Nous sommes un organe centralisé, mais nous faisons référence pour autre chose. Cet organe aide les entrepreneurs dans l’obtention des licences, ainsi que dans les formalités administratives. En deuxième lieu vient la formation à laquelle nous attachons une grande importance. Nous coopérons très tôt avec les entrepreneurs, en réalité avant qu’ils ne deviennent entrepreneurs. C’est la raison pour laquelle nous avons établi certains de nos centres de formation dans les collèges et les universités. Le troisième point est juridique, et afin que tout cela prenne forme, il faut avoir un cadre juridique approprié et entrepreneurial qui soit favorable aux entreprises. La quatrième composante, la plus complexe, est celle des mentalités. Nous faisons face à un défi à ce niveau avec les diffé- rentes parties prenantes avec lesquelles nous travaillons. Ce sont là en résumé les composantes que le Fonds national cherche à fournir aux entrepreneurs. Nous ouvrirons bientôt nos portes.

Enrichissez-vous votre expé- rience de celle de projets similaires, comme le Khalifa Fund for Enterprise Development d’Abou Dhabi ?

Il est très important pour nous d’apprendre de nos prédécesseurs. Éviter les essais et les erreurs, et tirer un apprentissage de leurs réussites sera vital. À propos de l’exemple que vous avez donné, nous avons en effet un comité consultatif dont l’un des membres est le P-DG du Khalifa Fund. Nous travaillons très étroitement avec nos concitoyens fédéraux dans la région, qui nous aident dans l’élaboration de divers produits. Nous avons développé une dizaine de différents programmes pour entrepreneurs, le mécanisme de financement variant également en fonction du stade où vous vous trouvez, ainsi que de l’évaluation de vos besoins. Nous disposons ainsi de titres de créance et de capitaux propres, que nous utilisons.

Parlez-nous des différentes sortes d’investissements qui feront partie de ce projet ?

Nous sommes une institution de 2 milliards de dinars koweïtiens, soit approximativement 7 milliards de dollars. Cependant, notre plafond est de 1,7 million de dollars d’investissement global par compagnie.

En combien d’années ce montant sera-t-il investi ?

Les conditions en matière de retrait de capital reposent sur un plan que nous présentons actuellement au ministre des Finances. Le montant ne sera pas complètement prélevé. Il le sera en fonction du capital requis. Nous ne dépenserons donc pas l’argent de façon immédiate. Il s’agit d’un capital autorisé, et non d’un capital libéré.

Quel sera le coût des fonds comparativement à celui des banques ? Ces prêts seront-ils subventionnés ?

Nous avons dix programmes différents et il existe divers outils et mécanismes de financement. Par rapport à la dette, les prêts sont en effet fortement subventionnés et reviennent à un coût de 2% par an.

Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour les deux prochaines années ?

Nous avons mis en place des indicateurs macroéconomiques comme stratégie nationale, qui nous aident à cibler des secteurs spécifiques et à ne pas nous ouvrir complètement. Nous nous concentrons davantage sur les TIC, les médias et la conception, la fabrication pour les industries légères. Tous les autres recevront des prestations, mais ce ne sera pas à la même échelle. Les secteurs ciblés ont donc été définis, et le nombre de compagnies susceptibles de recevoir un investissement a été déterminé.

Je ne suis pas aujourd’hui en mesure de communiquer de dé- tails, du fait que nous fondons nos hypothèses sur des exemples précédents, et je ne pense pas que cela soit juste parce que les services que nous offrons aujourd’hui sont très complets en comparaison du mécanisme de financement très limité qui existait auparavant.

Le Fonds national coopérerat-il également avec les fonds de capital-investissement du secteur privé, ou ce projet sera-t-il entièrement géré par le gouvernement ?

Le conseil d’administration du Fonds national a en fait décidé qu’un grand nombre de nos services seront effectués par le secteur privé. Nous offrirons donc un grand nombre de nos services à travers lui. En fait, nous ne sommes pas en concurrence avec le secteur privé. En second lieu, nous voudrions agir davantage en tant que catalyseur, et une fois que nous aurons travaillé le marché privé en profondeur, nous commencerons à confier lentement ce rôle au secteur privé.

Finalement, de quelle façon l’accès des PME au financement sera-t-il amélioré au Koweït, uniquement en termes de statistiques, une fois que vous aurez commencé les opérations ?

Actuellement, les banques prêtent seulement 1,4% du montant total de leur portefeuille. Nous avons travaillé sur un mécanisme, en particulier pour les entreprises en phase de croissance, dans lequel nous avons mis en place un programme de créance, en collaboration avec des banques locales. Le projet pilote est en fait en cours, et nous attendons les résultats pour voir si nous avons besoin de l’affiner avant de l’ouvrir aux autres banques locales.