/ Economie / Le fléau du secteur public

Le fléau du secteur public

Alexandre Hawari de Mai 20, 2013 - 17:56 dans Economie

TUNISIE

Le fléau du secteur public

L’ancien ministre des Finances, Jelloul Ayad, a critiqué l’embauche massive dans les administrations publiques. L’État a pris cette décision dans le but d’absorber le chômage sans qu’il y ait pour autant un réel besoin de ces emplois. Lors d’une conférence organisée à Tunis, le 9 avril dernier, le responsable a attiré l’attention sur les instruments consistant à aider l’économie nationale à faire face aux défis du développement.

Dans ses critiques, Ayad a précisé que 250 000 employés environ perçoivent des salaires sans travailler. Parallèlement, l’Institut national des statistiques a estimé le nombre des chômeurs à 654 000 à la fin de 2012. L’ex-ministre, et ancien responsable du fonds d’investissement de la banque marocaine BMCE Bank, a mis en garde contre l’augmentation de ce type d’embauches dans le secteur public. Il a affirmé que cela ne ferait que doter l’administration d’un effectif manquant de compétence, pesant ainsi encore plus sur une économie en difficulté. Le financier tunisien a évoqué l’absence de normes visant à définir les compétences dans les emplois publics. Ce qui devrait coûter très cher au budget sans résoudre le problème du chômage.

D’autre part, les statistiques officielles indiquent avoir assuré 85 000 postes l’année précédente, depuis l’arrivée de la troïka au pouvoir, dont 13 000 nouveaux au cours des trois derniers mois. Ce qui a porté le nombre travailleurs à 3,255 millions de personnes. Les économistes tunisiens considèrent que l’investissement privé est le seul nerf de l’économie qui pourra créer une plus-value et raffermir les instituts. Ils estiment que la fonction de l’État a changé par rapport à la période de l’indépendance dans les années 1950, lorsque son rôle était de contrôler, d’interdire les dérapages, et non de créer des établissements capables de procurer du travail.

ALGÉrIE/ESPAGNE

Portes grandes ouvertes

Au fil des jours, l’ouverture politico-économique entre Alger et Madrid se concrétise. Elle s’effectue au détriment des autres pays partenaires de l’Algérie, notamment européens, malgré les déclarations des responsables algériens qui affirment que la stratégie du pays porte sur la diversification des partenaires, sans préférence. Mais ce qui se passe sur le terrain semble différent. En effet, cinq protocoles d’accords de partenariats industriels, dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics et de l’hydraulique (BTPH), de la chimie, de la mécanique et de l’ingénierie, ont été signés entre des entreprises algériennes et espagnoles, lors d’un forum d’affaires algéro-espagnol tenu à Alger.

Le premier accord, signé par la filiale de la SGP Gephac (chimie-pharmacie) Africaver, et l’entreprise espagnole Sunco Clean Energy Solution porte sur la production et la transformation de verre plat à usage solaire photovoltaique. Le deuxième accord, signé par la SCI Cabelec (câbleries et équipements électriques) et l’entreprise espagnole Tracasa, est relatif à l’ingénierie d’espace rural et au domaine informatique. Le troisième concerne le pacte d’actionnaires déterminant l’organisation et la gestion de la future société mixte algéro-espagnole, qui sera créée entre l’Entreprise nationale des travaux publics (ENTP) et Europactor, a été également signé. Cette société sera spécialisée dans la fabrication des compacteurs. Un quatrième protocole de coopération a été concrétisé par le forum des chefs d’entreprises (FCE).

Rappelons que la cérémonie de signature de ces accords a été présidée par le ministre espagnol de l’Industrie, de l’Énergie et du Tourisme, Manuel Sono Lopez et le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion en Algérie, Cherif Rahmani. Ce dernier a tenu à préciser : « L’Algérie n’est pas uniquement un marché ou un espace de distribution de marchandises, mais doit être une économie productive ».

MAROC

L’exception CDG

La Caisse de dépôt et de gestion (CDG) a réalisé des profits par les activités et les assurances alors que les coupes budgétaires suscitent beaucoup d’inquiétudes. Notamment pour les entreprises publiques qui pourraient être appelées à revoir leurs investissements.

En dépit de l’augmentation de la CDG de 22 % à 976 millions de dirhams, les responsables de cette entreprise publique restent vigilants et ils ont établi un plan d’action en fonction de l’évolution de l’environnement des affaires. C’est ce qu’a indiqué le directeur général de la CDG, Anas Houir Alami. La raison qui évite à l’entreprise les coupes budgétaires, c’est que la CDG n’a pas été ressentie en 2013 car elle travaille sur d’anciennes commandes. Cela dit, les coupes pourraient être différées. La CDG compte tout de même investir 63 milliards de DH à l’échéance de son plan stratégique Oufoc, qui s’étale sur la période 2011-2015. Elle a déjà engagé 19 milliards de DH sur les deux dernières années, soit 30 % du montant global. Les investissements prévus cette année sont estimés à près de 14 milliards de DH.

Par ailleurs, force est de souligner que les activités dans les secteurs de la banque, finance et assurance demeurent les principaux contributeurs aux bénéfices de la Caisse. Elles ont généré 1,2 milliard de DH de résultats contre 1 milliard l’année précédente. Ces niveaux situent la CDG au 3e rang des principales institutions financières, derrière Attijariwafa Bank et la BCP. Si la contribution du pôle banque et activité financière a doublé en 2012, la branche assurances et réassurance a enregistré une baisse de 25 % de sa contribution.

D’autre part, l’arrêt progressif de la cession légale s’est traduit par un recul de 8 % des revenus de la SCR en 2012. La baisse de marché actions a également un impact sur les fonds propres de CDG. Ils étaient en repli de 8 % à 15 milliards de DH. Les autres métiers de la Caisse, notamment le pôle Aménagement, immobilier et tourisme (AIT), ont une nouvelle fois eu un impact négatif sur les résultats.

KOWEïT

Le rachat des dettes critiqué

La loi portant sur le rachat par l’État koweïtien des dettes personnelles et le règlement des intérêts est contestée par une grande partie de la population. De plus, le ministre des Finances, Mustapha al-Chemali, lui-même, critique cette mesure, et il met en garde en disant que cela pourrait encourager les citoyens à avoir un recours supplémentaire à l’emprunt. Rappelons que le Majliss al-Choura (Parlement) – dirigé à l’heure actuelle par une majorité proche du pouvoir en place –, a voté au début d’avril dernier pour la loi en question.

Le gouvernement actuel supporterait d’ores et déjà une partie des prêts à la consommation que les citoyens ont contracté auprès des banques et des sociétés d’investissement avant la fin de mars 2008. De plus, il leur a permis d’éviter des intérêts courant depuis cette date et de rééchelonner le reste dans des conditions facilitées pour le paiement et les délais. La nouvelle loi permet aux citoyens qui en ont déjà profité d’avoir accès à des prêts et de nouvelles facilités, selon les normes mises en place par la Banque centrale koweïtienne… Et c’est ce qui contrarie le plus l’opposition et une grande partie des Koweïtiens.

Ces normes limitent le global des échéances payées par les emprunteurs, de façon qu’elles ne dépassent pas 40 % du salaire du citoyen. Le ministre a précisé que les banques de la place possèdent un grand excédent de financement, ce qui les incite à rechercher des emprunteurs. Face à cette situation, les contestataires affirment que la loi pourrait susciter des plaintes disant que cette mesure est non constitutionnelle, du fait qu’elle ne contribue pas à l’égalité entre les citoyens, notamment entre les emprunteurs des banques traditionnelles et ceux qui avaient acquis des prêts auprès des sociétés de financement islamique.