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Des Innovations Salutaires

Alexandre Hawari de Fév 15, 2014 - 18:32 dans Economie

Des innovations salutaires

Le Qatar a récemment dévoilé ses initiatives visant à promouvoir l’innovation et la diffusion de nouvelles idées et de solutions pour son système de santé.

Par Muhammad Aldalou, Doha

le Qatar poursuit ses efforts dans la promotion et l’adoption d’innovations, dans la diffusion de nouvelles idées, pour relever les normes de santé tant au niveau national qu’à l’étranger

I Arabies Février 2014

Plus d’un million de personnes meurent annuellement dans le monde à la suite d’accidents de la route, et environ trois millions de personnes meurent chaque année de complications dues à l’obésité, tandis que 10 % de la population mondiale souffre de problèmes de santé mentale, comme la toxicomanie, la dépression, la démence ou la schizophrénie.

Ces sujets, qui provoquent la mort ou affectent gravement la vie de millions de personnes chaque année, sont en tête de liste des problèmes de santé les plus urgents, auxquels sont confrontés les pays et les systèmes de santé dans le monde, et contre lesquels la plupart continuent de lutter en proposant des idées novatrices, en vue de les traiter de façon efficace.

Lorsqu’il s’agit de créer des stratégies de santé durables à l’échelle d’un pays, en haussant fortement les normes des soins de santé, ou en adoptant des innovations pour créer de nouvelles solutions qui résoudraient les problèmes de santé de façon adéquate, certains pays et systèmes de santé ont prouvé qu’ils étaient supérieurs à d’autres. Avec les récentes annonces d’initiatives novatrices, de nouvelles stratégies de santé à l’échelle nationale, ainsi qu’un important centre médical et de recherche en voie d’élaboration, le Qatar poursuit ses efforts dans la promotion et l’adoption d’innovations, ainsi que dans la diffusion efficace de nouvelles idées, en vue de relever les normes de santé tant au niveau national qu’à l’étranger.

Selon une recherche récente, présentée lors de l’inauguration du World Innovation Summit for Health, ou Wish (Sommet mondial de l’innovation pour la santé), à Doha, cet État du Golfe s’est posé en tête de liste de huit pays introduisant de nouvelles technologies et méthodes dans les systèmes de santé. Le rapport de la Global Diffusion of Health Innovation (Diffusion mondiale de l’innovation pour la santé) a indiqué que la naissance de nouvelles idées dans le domaine de la santé exige des gouvernements et des organismes une vision claire de ce qui peut être réalisé, de même que l’établissement de normes, et l’élimination des anciennes méthodes de travail.

Avancées. La recherche détermine les facteurs environnementaux autant que comportementaux qui permettent d’activer l’adoption d’avancées dans les soins de santé. Et souligne le fait que les pays participants identifient volontiers les promoteurs du changement, qui communiquent avec les patients, et prennent en compte les préoccupations des médecins.

Néanmoins, selon cette étude, sept des huit pays sondés étaient peu enclins à éliminer les vieilles méthodes de travail, à adapter les innovations au contexte local, ou à créer le temps et l’espace pour l’apprentissage.

En Australie, au Brésil, en Angleterre, en Inde, en Afrique du Sud, en Espagne et aux États-Unis, il y avait un fossé entre ce que les experts affirmaient être important pour la diffusion des nouvelles idées et la réalité de chaque pays. Au Qatar uniquement, nouvelle économie en expansion rapide, la réalité correspondait aux évaluations.

« Il existe dans la plupart des pays un écart considérable entre l’importance et la primauté, mais au Qatar, l’écart entre les prévisions et la réalité est très limité », a déclaré le Dr Greg Parston, principal auteur de l’étude.

« La bonne nouvelle, c’est que, indépendamment de ce que font les pays au niveau national, il y a une grande cohérence parmi les organismes de soins de santé, en termes d’efforts déployés dans l’identification des meilleurs éléments, communiquant avec les patients et prenant en compte les préoccupations des médecins », a-t-il ajouté.

Selon le rapport, le développement par le Qatar d’une Stratégie nationale de lutte contre le cancer, lancée en mai 2011, sur cinq ans, est un exemple des innovations qui ont réussi à s’étendre, et qui ont obtenu un reçu un soutien régional et international.

Lors de l’ouverture du Sommet Mondial de l’Innovation pour la Santé, les experts mondiaux du secteur, les novateurs et les décideurs, ont approuvé à l’unanimité le fait que l’innovation est essentielle pour s’attaquer aux problèmes de santé dans le monde, et qu’il reste beaucoup à faire pour permettre l’expansion des nouvelles idées dans ce domaine.

Éclairage. Le sommet, organisé par la Qatar Foundation for Education, Science and Community Development, (Fondation du Qatar pour l’éducation, la science et le développement communautaire), a été organisé pour projeter un éclairage sur huit problèmes de santé majeurs auxquels sont confrontés tous les pays du monde, et contre lesquels luttent les systèmes de santé, ainsi que la nécessité pour les pays et les décideurs de s’engager dans l’innovation. Les Forums, auxquels ont participé des experts médicaux, des P-DG et des responsables gouvernementaux, ont été organisés pour se pencher sur les conséquences sociales et économiques de l’obésité, ainsi que la santé mentale, les accidents de la route, l’engagement des patients, la résistance antimicrobienne, les soins de fin de vie, les grandes bases de données et les soins de santé, de même que les soins de santé responsables.

« Il existe de nombreux problèmes de santé qui ont une importance mondiale, mais chaque pays est également confronté à des défis particuliers. Le fait de réunir certains dirigeants internationaux parmi les plus importants représente une excellente opportunité pour un échange d’idées, ainsi que pour tirer des leçons du travail excellent et innovant qui se fait ailleurs », a déclaré le maire de Londres, Boris Johnson, qui était l’un des conférenciers d’honneur du sommet.

Le professeur Lord Darzi de Denham, président du sommet Wish et directeur de l’Institut de l’innovation pour la santé mondiale de l’Imperial College de Londres, a affirmé que tous les services de santé devaient changer, pour faire face au vieillissement de la population, au fardeau croissant des maladies chroniques, et aux pressions économiques. « Pour résoudre ces problèmes, nous avons besoin de solutions créatives, mais nous avons encore plus besoin d’apprendre comment les transmettre, de façon qu’elles soient rapidement absorbées », a-t-il précisé.

Initiatives. Cheikha Moza bent Nasser, présidente de la Qatar Foundation, a annoncé lors de son discours inaugural du sommet Wish, le projet du Qatar Genome, que beaucoup décrivent comme une stratégie ambitieuse pour dresser la carte génétique des citoyens.

« Comme résultat de l’intégration de la recherche scientifique et des réalités cliniques, je suis heureuse d’annoncer le projet du Qatar Genome, qui consiste en une future feuille de route pour une médecine personnalisée, a-t-elle déclaré. L’innovation ne consiste pas seulement à découvrir de nouveaux remèdes, mais à trouver des solutions pour réduire le besoin d’utiliser ces remèdes. »

Au cours d’une conférence de presse tenue en marge du sommet, Hanan al-Kuwari, directrice générale de la Hamad Medical Corporation (HMC), a expliqué que cet État du Golfe a entrepris d’établir une cartographie génétique d’un grand nombre de Qataris, afin de mieux comprendre les maladies, et de créer des soins et des traitements personnalisés.

La directrice de HMC a expliqué que la cartographie du génome allait impliquer la collecte et l’analyse d’ADN, outre le fait de trouver des solutions destinées à chaque personne.

« Ce projet est toujours au stade de la planification, et fait partie des nombreux programmes en cours au Qatar dans le domaine de la santé, comme la Qatar Biobank, qui rassemble déjà des données, tant sur des Qataris que sur des non-Qataris », a-t-elle déclaré.

Lors d’un forum organisé pour discuter des effets largement ignorés que les problèmes de santé mentale ont sur des millions de personnes dans le monde, le Qatar a également dévoilé sa propre stratégie nationale en la matière, dans le but d’éradiquer la stigmatisation sociale qui empêche actuellement les Qataris souffrant de troubles mentaux de rechercher une aide médicale.

La stratégie quinquennale, développée par le Supreme Council of Health (SCH) – Conseil supérieur de la santé – avec HMC et la Primary Health Care Corporation (PHCC), a identifié les problèmes existants et proposé des suggestions sur les moyens d’y remédier. Un nouvel hôpital destiné à la santé mentale est aussi prévu, à l’intérieur de Hamad Bin Khalifa Medical City (cité médicale Hamad ben Khalifa).

L’un des objectifs clés de la mise en œuvre de la Stratégie de santé mentale est d’augmenter le nombre de personnes ayant accès aux soins, en réduisant la stigmatisation, en offrant une gamme de traitements, en créant une équipe de travail qualifiée, et en augmentant l’investissement financier au cours des cinq prochaines années.

Également dans les projets de la cité depuis 2004, le Sidra Medical Research Center (Centre médical et de recherche Sidra), membre de la Qatar Foundation, qui promet d’être, quand il ouvrira ses portes au premier trimestre 2015, un hôpital et un institut de recherche et d’éducation novateur.

Deepak Kaura, chef de clinique de radiologie, affirme que Sidra a intégré dans son modèle de soins l’idée de soins préventifs et personnalisés, à travers son système Patient Electronic Accessible Record of Life, ou Pearl, (Dossier de santé électronique des patients).

« Pearl est un système de communication globale qui aidera, entre autres, à enregistrer, classer et suivre un patient tout au long de son séjour ainsi qu’après sa sortie de l’hôpital. Nous pourrons l’utiliser pour commander les médicaments appropriés de la pharmacie électronique, qui contrôlera automatiquement les interactions des médicaments, ainsi que les antécédents d’allergie du patient », affirme-t-il.

Sidra, qui projette d’offrir une formation médicale, une recherche biomédicale et des soins de niveau international, est financé par une dotation de la Qatar Foundation, de l’ordre de 79 milliards de dollars, la plus importante dotation d’un centre médical et de recherche au monde.

Le Qatar, comme d’autres États du Golfe, se distingue par une série d’initiatives visant à l’innovation dans les soins de santé. L’Arabie Saoudite, de son côté, a récemment annoncé son propre projet de génome humain, sur cinq ans, en vue d’étudier et d’identifier la base des maladies chroniques répandues dans le royaume. Oman prévoit de répondre à la demande croissante qui résultera d’une explosion de la population, en mettant en place 10 000 centres de santé, dans le cadre de sa Health Vision 2050 (Vision 2050 pour la santé).

Février 2014 Arabies I

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La recherche détermine les facteurs environnementaux autant que comportementaux qui permettent d’activer l’adoption d’avancées dans les soins de santé