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L’art, un message universel

Hakima Kernane - avril 14, 2017 - 05:16 - Société et culture

« L’art apporte du réconfort à l’âme et une ouverture sur le monde », nous confie l’artiste Anissa Lalahoum.

Enfant de Montreuil, née en 1980, Anissa Lalahoum est franco-algérienne. Elle a passé une partie de son enfance en Algérie, mais après les événements tragiques de la décennie noire, ses parents ont décidé de revenir en France. Studieuse, elle a eu un parcours classique et obtenu son diplôme en économie et gestion.
Toute petite, elle a appris à griffonner ces onctueuses lettres arabes. Ces dessins représentaient pour elle une source d’apaisement, une sorte d’exutoire sain. « J’ai de l’admiration pour la calligraphie arabe, elle reflète la noblesse et la force », explique l’artiste sur son site professionnel.
Anissa a baigné dans un environnement lié aux arts : un père passionné de l’art orientaliste – véhiculé, entre autres, par l’artiste peintre Etienne Dinet – et peintre de tableaux de paysages du désert, et une mère styliste aimant les matières comme le velours, le taffetas, la soie…
Artiste autodidacte, elle a commencé sa carrière professionnelle dans le milieu bancaire dans lequel elle exerça comme cadre durant une quinzaine d’années. Mais, à la suite d’un burn out, elle a décidé de chercher d’autres sources d’inspiration
et d’épanouissement. Pour y parvenir, elle s’est laissé guider par une forte intuition qui l’a conduite à la peinture, celle qui allie la vivacité des couleurs et la beauté de la gestuelle émanant de la calligraphie.
« Le burn out m’a permis de découvrir une Anissa que je ne connaissais pas. Je pense que tout accident de la vie transmet un message, il est souvent synonyme d’opportunité, de renaissance », nous confie l’artiste lors de notre rencontre au café Pouya, à Paris, un endroit chaleureux dont les murs sont illustrés de calligraphie arabe représentant des quatrains de l’illustre poète perse Omar Khayyâm. Un choix judicieux en parfaite adéquation avec les aspirations de l’artiste. « Lorsque je crée, je m’inspire de mon subconscient, de mes émotions, je me laisse guider par la magie des gestes qui sont très intuitifs, très puissants », explique Anissa Lalahoum.

Toiles inspirantes. Cette artiste associe dans ses œuvres l’art abstrait à la calligraphie arabe. Ses tableaux, réalisés avec des formes et des couleurs, sont des toiles inspirantes, ils appellent au voyage, à l’apaisement, à la spiritualité, notamment via la méditation. D’ailleurs, elle organise souvent des séances de méditation, en connexion avec ses toiles et une musique jouée sur oud, un des instruments phares de la musique arabo-andalouse.
Joséphine S, une femme très active qui a participé à l’une de ces séances, explique : « Vu mon caractère, au début j’étais dans le doute et assez sceptique… Et puis, plus je me laissais aller, plus je lâchais prise. Vers le milieu de l’expérience, j’ai réellement senti un apaisement et un calme s’opérer en moi. Au début Anissa m’a dit : “Détends-toi et respire profondément”. Chaque personne est différente, certes, mais j’ai été apaisée, c’est une expérience à faire absolument. »
Lors de notre rencontre, l’artiste nous a expliqué qu’elle souhaite concrétiser un de ses objectifs en tant qu’artiste, un souhait qui lui tient à cœur : permettre, via ses créations, la transmission de l’envie de connecter l’aspect visuel avec le subconscient, avec l’âme. « Chacune de mes toiles est un livre ouvert dans lequel je révèle mes émotions, mes états d’âme, avec ses joies et ses peines, mes interrogations et ma quête du bonheur et de la quiétude », nous a-t-elle confié.
Grâce à ses tableaux, Anissa Lalahoum aimerait transmettre un message universel, celui qui consiste à inciter les autres à l’envie de lâcher prise et à la recherche de la sérénité. Un état de grâce qui permettra de comprendre les raisons d’être. Car, selon elle, chaque individu peut s’inspirer de son moi profond, de son âme pour vivre pleinement son instant présent. « L’art apporte du réconfort à l’âme et une ouverture sur le monde », nous confie l’artiste.
Anissa Lalahoum a participé à diverses expositions à Paris et sur la région parisienne dont Vaires-sur-Marne, la Seine-Saint-Denis en novembre 2016, et plusieurs fois à Paris, en octobre, février et mai 2016.
En février 2017, Anissa Lalahoum a participé à l’exposition collective Underground Pancakes & Brooze à Londres. Pour célébrer la journée internationale de la Femme, elle exposera des œuvres au Centre culturel algérien du 3 au 20 mars 2017. Enfin, elle participera aussi à l’Exposition personnelle au salon Dubai Word Art, qui sera organisé du 12 au 15 avril 2017 au Dubai World Trade Centre.