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ALGÉRIE Honneur aux coutumes et traditions

Hakima Kernane de Juin 15, 2017 - 07:47 dans Société et culture

Pour les musulmans, le mois du ramadan est consacré au rapprochement des croyants par le jeûne, les prières, mais aussi le recueillement, le pardon et la compassion.

Pour les Algériens, ce mois sacré du ramadan est célébré avec enthousiasme et fierté. Quelques semaines avant, les familles s’y préparent et achètent les denrées nécessaires à l’élaboration des plats traditionnels que l’on fait spécialement pour les repas de rupture du jeûne. « Nous procédons à la préparation de ce mois sacré par un grand nettoyage de printemps, nous nettoyons toute la maison, nous achetons les ingrédients nécessaires pour la préparation des repas, des gâteaux qui égaient nos soirées avec nos familles et nos amis », nous confie Linda, jeune cadre d’entreprise.
De leur côté, les commerçants, les superettes et les supermarchés s’approvisionnent en denrées diverses. Les marchés, toujours bondés, débordent de produits alimentaires et agroalimentaires. « Nous ne manquons de rien, tous les produits sont disponibles sur le marché. Le seul problème est l’inflation des prix des produits durant le mois de ramadan. Nous constatons que les prix sont plus élevés, ce qui est difficile pour les familles les plus défavorisées », explique Malika, infirmière et mère de famille. Cela dit, malgré la hausse des prix, la surconsommation des produits alimentaires est un fait avéré durant le mois sacré.
Les nuits du ramadan sont aussi animées que les journées. Boutiques, cafés et salons de thé accueillent leurs clients dans une ambiance festive. Des soirées sont aussi organisées dans les différents endroits culturels des grandes villes. « Les rues sont très animées jusqu’à l’heure du S’hour (dernier repas avant le début du jeûne). Le thé et les gâteaux au miel sont très demandés par la clientèle, le sucre permet de donner l’énergie nécessaire pour permettre au corps humain de résister à une journée de jeûne », explique Khaled, chargé d’études dans une banque publique.
Dès la rupture du jeûne, les Algériens prennent d’assaut les rues, les villes du littoral et les commerces des grandes villes. Des concerts et des spectacles sont proposés, dont certains sont sponsorisés par les grandes marques des filières des boissons, des groupes agroalimentaires ou des opérateurs de téléphonie mobile.

Patrimoine culturel.
« Le mois de ramadan fait partie de notre patrimoine culturel, il représente une composante essentielle de nos traditions et de nos coutumes, il est aussi sacré pour les citoyens dont la pratique religieuse est modérée », nous explique Réda, père de famille, fervent défenseur des coutumes et pratiques ancestrales. « C’est un mois de joie, il est aussi consacré à l’entraide et à l’empathie. Nos soirées sont festives et conviviales », nous confie Zohra, une retraitée de la fonction publique.
Une magie opère dans les artères d’Alger. Chose inhabituelle durant les autres mois de l’année, les femmes et les jeunes filles se promènent seules, tard dans la nuit. « Nous sortons et nous profitons de notre littoral en toute quiétude jusqu’au petit matin, ce que nous ne pouvons faire en dehors du mois sacré. Dans l’esprit des Algériens, il ne peut y avoir de danger durant le mois sacré du ramadan, nos familles sont rassurées et les jeunes profitent pleinement de ses privilèges de liberté, de paix et de bonheur », confie Célia, une étudiante en pharmacie.
En revanche, au plan économique, le ramadan est-il synonyme de recul de la productivité des salariés ? Selon les témoignages, le jeûne, pratiqué par la majorité, n’a pas de répercussions négatives sur la qualité de travail. « Dans le secteur bancaire, comme dans les autres filières économiques, les horaires sont adaptés durant le mois sacré, mais nos activités ne changent pas, elles se concentrent pendant les heures creuses, celles qui, d’habitude, sont consacrées au déjeuner de la mi-journée », explique Khaled.
Notons que certaines décisions stratégiques, économiques ou politiques peuvent être prises après la rupture du jeûne. « Des réunions de travail peuvent être organisées le soir, après la rupture du jeûne, au sein même des locaux des entreprises », explique Fouzia, cadre dans le secteur des télécommunications.
Les préparatifs pour le ramadan de cette année 2017, dont la nuit de doute est prévue le 26 mai prochain, sont en cours. Les Algériens sont friands de tous les événements qui apportent de la joie et du bonheur dans les cœurs. À en croire les témoignages que nous avons recueillis, loin d’être redouté, le mois de ramadan est attendu avec ferveur et bonne humeur par la population.