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MONDE S’entendre et faire face

Lila Schoepf de Mai 22, 2017 - 08:38 dans Politique


Lors du colloque de l’IDC et du CIGPA, Rosine Ghawji, membre du Parti républicain, nous parle du rapprochement américano-russe et de ses perspectives.

Le thème de la conférence à Paris traite de la possibilité d’un rapprochement entre les États-Unis et la Russie. Pensez-vous que Donald Trump a les atouts nécessaires pour briser la glace avec la Russie ?
Oui, certainement. Je pense que Donald Trump réussira. Il agit de façon à réussir, à être réellement ami avec la Russie. Je n’ai aucun doute à ce sujet. Le président américain est en faveur des
négociations, et c’est vraiment une personne bien. C’est un homme qui a du cœur, qui pense avec son cœur, et qui aime son pays. Il comprend également pourquoi Vladimir Poutine aime son pays.
Il y a une chose que je voudrais souligner : on ne peut construire de partenariat que si chacun respecte l’autre. Barack Obama n’aimait pas Vladimir Poutine, et ce dernier n’avait pas de respect pour Obama, mais il respectera Donald Trump, d’abord en tant qu’homme d’affaires à succès, et ensuite pour avoir mené une campagne présidentielle vraiment réussie. Par conséquent, ils auront du respect l’un envers l’autre. Je vois donc très bien Donald Trump briser la glace et commencer à construire une relation et un partenariat forts avec la Russie.

Mais Trump ne fait-il pas face à un grand défi au sujet de la Russie de la part de ses propres collègues du Parti républicain ? Comment peut-il donc réussir ?
Nous essayons de repousser l’opposition provenant de l’intérieur du Parti républicain, et nous y parviendrons. Je vais vous donner un exemple. Prenons l’abrogation du projet de loi Obamacare. Pour cela, Donald Trump a fait appel au président de la Chambre, Paul Ryan, et lui a dit d’aller de l’avant et de faire tout ce qui est nécessaire pour se charger de ce dossier. La devise était d’abroger et de remplacer, mais Paul Ryan a essayé d’opérer certains changements sur cette loi, et n’a pas été jusqu’à la complète abrogation.
Ainsi, l’establishment du Parti républicain n’a pas obtenu le soutien suffisant à l’intérieur du parti pour que la loi passe, et le projet de loi révisé a donc dû être retiré. Par conséquent, ce qui s’est réellement passé, c’est que Donald Trump a donné à Paul Ryan une corde assez longue pour pouvoir se pendre, et c’est exactement ce qu’il a fait. L’échec de l’abrogation du projet de loi Obamacare constitue un énorme revers pour Paul Ryan et non pour Donald Trump. Et maintenant, Paul Ryan devra être remplacé. C’est donc ainsi que l’on se débarrassera des personnes qui nous bloquent.

Qu’en est-il de l’opposition à toute relation avec la Russie, émanant d’autres sources, comme les médias ?
Donald Trump a déjà démontré qu’il n’a aucunement besoin des médias traditionnels. Même durant la campagne, bien qu’il ait connu une farouche opposition de la part de ces médias pro-establishment et qu’ils aient répandu toutes sortes de mensonges à son sujet, Trump a quand même remporté la présidence, et cela montre qu’il a pu communiquer directement avec le peuple américain, et qu’il n’a pas eu besoin d’intermédiaires, comme ces médias aux fausses nouvelles.
Même maintenant, à partir de la Maison-Blanche, il continue de communiquer directement avec le peuple américain, tout en gardant les médias à distance. Je ne crois donc pas que les médias peuvent arrêter Trump dans ses initiatives, même s’ils continuent à faire circuler de fausses informations, à créer des controverses et susciter la crainte et la frayeur à propos de la Russie. Si Trump est convaincu de l’amitié avec la Russie, rien ne pourra alors l’arrêter.

L’un des obstacles majeurs dans les bonnes relations entre les États-Unis et la Russie est le rôle de l’Union européenne et de l’Otan, qui se focalisent sur la Russie comme étant la plus grande menace. Trump peut-il les convaincre de modifier leur point de vue sur la Russie ?
Donald Trump a déjà dit que l’Otan était obsolète et devait accepter les réalités qui ont changé, et le monde qui a changé, où la plus grande menace sur la civilisation humaine ne provient pas de la Russie, mais bel et bien du terrorisme islamiste. La Russie et les autres pays occidentaux sont tous des démocraties chrétiennes et nous devons être solidaires pour lutter contre la menace venant du terrorisme islamiste, qui a fait tellement de victimes dans le monde entier, notamment en Europe, en Russie et aux États-Unis.
L’Otan et l’UE devraient donc écouter la Russie et l’Amérique et réorienter leurs politiques pour les rendre viables aujourd’hui. Nous avons un ennemi commun, et nous devons travailler ensemble pour lutter contre cette menace, et c’est pourquoi je suis sûre que Poutine et Trump vont bien s’entendre et faire face.