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GOLFE Épreuve politique et économique

Khattar Abou Diab de Mar 4, 2017 - 07:45 dans Politique

Face à la montée des dangers, les États du Conseil de coopération du Golfe unifient leurs efforts sécuritaires et militaires pour déjouer toute agression potentielle.

Les leaders du Conseil de Coopération du Golfe réunis (CCG) lors de leur sommet annuel, au début de décembre dernier, à Manama (en présence, lors de la séance inaugurale, de Theresa May, Premier ministre du Royaume-Uni), se rencontrent dans un contexte complexe, marqué par les incertitudes régionales et internationales.
Au moment de l’élection de Donald Trump aux États-Unis, et alors que la guerre du Yémen se poursuit, la région est gangrenée par des troubles politiques, qui ont touché de nombreux pays arabes – en particulier dans les pays du Levant –, et par une grande instabilité causée par les groupes terroristes et les conflits en cours qui perdurent.
À l’ère des bouleversements et de l’incertitude traversés par le monde arabe depuis ces six dernières années, le Golfe n’échappe pas aux secousses du tsunami politique balayant toujours la région.
Ainsi, le CCG – qui se positionne comme le noyau dur de ce qui demeure du système régional arabe – lutte sur plusieurs fronts contre le terrorisme et contre les visées iraniennes dans cette étape critique.
Au cours de l’ancien sommet consultatif tenu à Riyad, et durant des réunions interministérielles régulières, les six pays arabes du CCG – Arabie Saoudite, Oman, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis et Qatar – se sont appliqués à tout mettre en œuvre pour observer le plan du souverain, Salmane ben Abdelaziz al-Saoud, visant le renforcement de l’action commune concernant des démarches accrues de coordination dans les domaines de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires extérieures. De surcroît, la mise en place d’un haut organe commun de coopération économique et du développement. semble en bonne marche.
Cette attention portée à la consolidation et au renforcement des structures internes répond à la nécessité de refléter le poids économique et politique du Conseil au sein du système régional arabe, tout comme les équilibres régionaux précaires ou par rapport aux grands acteurs internationaux.

Efforts sécuritaires et militaires.
Face à la montée des divers dangers, les États du CCG unifient leurs efforts sécuritaires et militaires afin de déjouer toute agression potentielle. Car ces pays constituent en effet une puissance militaire, politique et économique, dont il faut tenir compte dans la région et dans le monde.
L’action des pays du CCG s’étend à l’espace méditerranéen en tant qu’espaces d’investissements, et d’influence politique. Mais, malgré l’existence des liens stratégiques avec Washington et avec l’Europe, le CCG s’oriente vers l’Asie sur les plans commercial et migratoire.
Au cours de ces dernières années, ce continent cherchant à assouvir ses besoins énergétiques, s’impose comme le premier importateur de produits du Golfe, et son deuxième fournisseur (l’Europe risque d’être remplacée comme premier fournisseur pour le moment).
Ce redéploiement économique tombe à point nommé, au moment où les États-Unis voient l’arrivée de Donald Trump à la présidence du pays, avec sa tendance isolationniste et ses calculs mercantiles.
Le poids économique de cette zone sur le marché de l’énergie, et les grands Investissements directs étrangers (IDE), ainsi que les contrats d’armement colossaux et les projets d’infrastructure alléchants démontrent à juste titre à quel point le poids politique et économique doit être pris en considération.
Cette mise en valeur de l’attractivité et du poids de l’instance régionale est d’importance. Le prince Mohammed ben Salman al-Saoud, vice-prince héritier, deuxième vice-président du conseil des ministres et ministre de la Défense, tient à affirmer que les pays membres du CCG ont l’opportunité d’être la sixième plus grande économie dans le monde s’ils œuvrent d’un seul bloc et de façon correcte au cours des années à venir.

Convoitises et agressions. Cette déclaration du prince Mohammed ben Salman a été prononcée lors de la première réunion de la Commission des affaires économiques et du développement du Conseil de coopération du Golfe, qui s’est tenue à la fin d’octobre dernier au palais des Conférences à Riyad.
Pour consolider les acquis et se défendre face aux multiples convoitises et agressions, les pays du CCG s’attellent à développer leur coopération militaire et sécuritaire. À la veille du sommet de Manama, un exercice conjoint de sécurité du Golfe (qui a commencé le 27 octobre dernier) s’est déroulé au Bahreïn pour améliorer la collaboration de sécurité entre les six États membres du CCG, exercice baptisé « Sécurité du Golfe arabe 1 » ayant pour but de renforcer les capacités de lutte conjointe antiterroriste entre les pays membres.
Une telle décision s’impose, compte tenu de la prolifération du phénomène de criminalité terroriste et de la gravité des défis de sécurité dans la région. Afin de consolider la nouvelle tendance unitaire, les visites du roi Salman aux Émirats arabes unis, Qatar et Koweït ont confirmé une ambiance de solidarité sans faille entre ces pays pour faire face aux temps difficiles de la conjoncture sous la direction du grand frère saoudien.