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Coulisses

Editor de Jan 12, 2014 - 18:34 dans Politique

TURQUIE

Le virage

Le rapprochement entre la Turquie, d’une part, et l’Iran et l’Irak, d’autre part, va changer la donne au plan régional. Outre l’ouverture des marchés juteux de ces derniers États (plus de 80 millions de consommateurs d’un côté et plus de 37 millions de l’autre) qui vont sauver l’économie en panne de croissance, et des répercussions d’ordre politique et sécuritaire ont commencé à apparaître. Notamment en ce qui concerne les relations d’adversité avec la Syrie. Deux délégations de responsables des cellules, l’une syrienne et l’autre turque, de lutte contre le terrorisme se sont rencontrées dans la capitale iranienne au début de décembre dernier. L’objectif : coopérer pour faire face aux combattants des mouvements salafistes comme Jabhat al-Nosra ou Dahesh qui préoccupent Ankara. Rencontre qui ne pouvait avoir lieu sans le feu vert de Washington, et qui visait à affaiblir ces organisations extrémistes avant la tenue du sommet de Genève 2 qui, en principe, devrait ouvrir la voie à la solution de la crise syrienne. Parallèlement, la visite du ministre turc des Affaires étrangères, Ahmed Daoud Uglo, à Nadjaf et sa rencontre avec l’ayatollah Ali Sistani sont le reflet de la baisse de la tension entre Ankara et Damas. Premiers indices du virage turc, des rafles n’ont pas tardé à avoir lieu contre les foyers des salafistes et leurs ramifications dans les villages turcs frontaliers avec la Syrie. D’après les proches conseillers du Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki – qui revient d’une visite officielle à Washington –, Ankara va désengager progressivement son soutien aux organisations militaires qui combattent le régime syrien et se contenter de poursuivre son aide à l’opposition politique, notamment à celle qui est basée à Istanbul.

ALGÉRIE

Le dernier avertissement

Les Algériens ne supportent plus l’impuissance de l’armée tunisienne et de sa police politique face à la présence et à la liberté d’actions des terroristes à ses frontières avec la Tunisie. D’autant que ces derniers sont, dans leur majorité, membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. De ce fait, le patron de la Direction renseignements et sécurité (DRS) algérienne, Mohamed Mediane (alias Tewfic), a convoqué discrètement le Premier ministre tunisien, les chefs des différents services militaires et de sécurité tunisiens à Alger. Mots d’ordre : ou vous mettez un terme aux activités de ces terroristes dans un délai d’un mois où nos services d’intervention spéciaux feront le travail dans les territoires tunisiens, quitte à les pourchasser dans toutes les villes et villages du pays. Les Algériens sont allés plus loin, jusqu’à accuser certains responsables tunisiens d’aider ces terroristes à échapper aux pièges qui leur sont tendus dans les montagnes de Chaambi aux frontières avec l’Algérie. Alger a même mis au courant les chefs de l’opposition tunisienne, en tête desquels Béji Caïd Essebsi et le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs tunisiens. Des sources proches de cette dernière nous ont appris que les Algériens affirment que Rached Ghannouchi leur a menti lorsqu’il s’est engagé, lors de sa dernière visite à Alger, à combattre les salafistes tunisiens. Nous avons appris, de sources françaises concordantes, que des membres des services de renseignements se trouvent sur le territoire algérien et sont même opérationnels. Cela dit, Alger n’est pas prête à attendre plus longtemps l’intervention de ses voisins tunisiens. Tout est mis en œuvre pour arrêter sur place les terroristes, toutes nationalités confondues. La coopération avec les services américains, britanniques et français n’est plus un secret pour les responsables tunisiens.

LIBAN

Un silence préoccupant

Le Hezbollah libanais fait profil bas à la suite de l’assassinat d’un de ses leaders militaires et les agressions contre ses sympathisants, et ce manque de réaction devrait faire peur à ses adversaires politiques. C’est ce qu’a indiqué le leader druze, Walid Joumblatt, dans une des réunions très fermées avec des amis intimes du courant Al-Moustakbal, présidé par l’ancien Premier ministre, Saad Hariri, qui est depuis moins de trois ans en Arabie Saoudite. Ce silence, a ajouté Joumblatt à ses visiteurs, sera suivi de grands coups portés à ses adversaires. Le chef druze, qui ne veut pas couper les ponts avec le Hezbollah libanais, a conseillé à ses amis de calmer le jeu, de cesser les déclarations qui encouragent certaines « têtes brûlées » à disparaître de la circulation. « Car la vengeance du Hezbollah ne va pas tarder. » Le même conseil a été donné par le président du Parlement, Nabih Berri, à quelques amis, adversaires politiques « sages » du mouvement du 14-Mars. Certains ont semble-t-il été convaincus et s’apprêtent à quitter le Liban. Dans la ligne de mire aujourd’hui : le service de sécurité des informations, liés à la Sécurité intérieure et non aux services des renseignements militaires. Ce dernier est soupçonné d’aider les salafistes à Tripoli et à la Békaa.

© Reuters

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