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ALGÉRIE Une nouvelle dynamique africaine

Arab Chih de Fév 1, 2017 - 16:13 dans Politique

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, promeut une interconnexion et un partenariat fructueux entre les acteurs économiques et la création de synergies entre les pays africains.

Le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, a certainement éprouvé un sentiment de fierté en faisant son entrée, le 3 décembre dernier, dans la grande salle du flambant neuf Centre international des conférences (CIC) où se déroulait la cérémonie d’ouverture du Forum d’affaires et d’investissements algéro-africain. La raison ? Le grand nombre d’invités, et non des moindres, qui ont fait le déplacement à Alger pour prendre part au grand rendez-vous africain.
Il y a des leçons à tirer : l’Algérie garde intact son poids sur l’échiquier africain et sa parole est toujours écoutée. Le Premier ministre, qui avait l’honneur d’inaugurer les travaux du Forum, était justement venu délivrer son message, voire ses messages. Dans son discours d’ouverture, Abdelmalek Sellal a mis l’accent sur la nécessité d’initier une nouvelle dynamique africaine à même de conduire le continent sur la voix du développement et de la croissance.
Il était temps que l’Afrique s’affirme sur la scène internationale en tant qu’ensemble puissant et dynamique incontournable aussi bien sur le volet politique qu’économique », a martelé le Premier ministre.
Et le grand intérêt du rendez-vous d’Alger est, aux yeux d’Abdelmalek Sellal, justement d’offrir « l’opportunité précieuse de partager et d’échanger afin de mieux se focaliser sur l’interconnexion durable et fructueuse entre les différents opérateurs économiques dans nos pays et la création de synergies novatrices entre nos économies nationales ».
Une belle et légitime ambition qui ne saurait se réaliser sans tordre le cou au préalable à certains « clichés » et autres « idées reçues ». Il appartient aussi aux Africains de remédier à nombre de vulnérabilités qui « coûtaient cher à l’économie africaine et nuisaient à sa productivité ».
Selon Abdelmalek Sellal, une des grandes faiblesses de l’Afrique est qu’elle « ne consomme pas ce qu’elle produit et consomme ce qu’elle ne produit pas ». Plus encore, 80 % des exportations africaines partent en dehors du continent.
Autre carence que présente le continent africain : la faiblesse du commerce intrarégional qui ne représente que 10 à 12 % du total des échanges du continent loin derrière l’Europe de l’Ouest (60 %) et l’Amérique du Nord (40 %). Et le Premier ministre algérien de recommander alors : « Il faut impérativement s’attaquer à ces facteurs de fragilité et rendre l’économie plus résiliente pour maintenir une croissance vigoureuse, pérenniser les avancées en matière de lutte contre la pauvreté et atteindre les objectifs de développement. »
Mieux, il a assuré les participants au rendez-vous d’Alger de la disponibilité du gouvernement algérien à soutenir « les projets concrets », mais aussi de la bonne volonté de l’Algérie à apporter sa contribution à « cette édification de notre maison commune à travers des projets structurants comme le grand port-Centre d’El Hamdania [Cherchell], plus grand terminal de transbordements de conteneurs de la Méditerranée, et la réalisation en cours de la liaison routière Alger-Lagos, qui permettront de diviser par quatre les délais de livraison de marchandises de et vers l’Europe ou le Moyen-Orient ».

Expérience.
« L’Afrique numérique, environnementale et énergétique est également pour nous un prérequis du développement intégré. L’Algérie, dans les domaines de l’eau, de l’électricité, du gaz, de la téléphonie et des nouvelles technologies de l’information et de la communication, affiche des taux de couverture et de raccordement tous supérieurs à 95 % et ambitionne de partager son offre commerciale et son expérience accumulée dans et avec d’autres pays frères du continent », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre algérien a aussi parlé de la volonté de l’Algérie d’en finir avec sa quasi-dépendance aux hydrocarbures qui ne peuvent plus couvrir ses besoins en matière de développement. Comment ? « Chercher la croissance ailleurs, c’est-à-dire dans votre espace, celui de l’entreprise, à travers les partenariats et le win/win business, a-t-il affirmé. La réussite d’un partenariat à long terme est tributaire de solutions aux défis de l’Afrique en matière de déficit en infrastructures, de réforme de modèles économiques, de protection de l’environnement, de développement humain et d’accroissement des capacités scientifiques et techniques. » Un véritable défi en effet…