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Vol Abou Dhabi/Washington, avec escale à Rabat

Editor de Déc 12, 2013 - 18:23 dans International

Vol Abou Dhabi/Washington, avec escale à Rabat

Par Rachid Maaninou

Le nouvel axe du Maroc est tracé, à la suite des deux visites royales, à quelques jours d’intervalle, à Abou Dhabi et Washington.

Il est vrai que le Maroc, modèle de démocratie et de développement en Afrique, a su attirer par-delà ses frontières l’intérêt et la curiosité des analystes les plus chevronnés en matière de politique internationale. Voilà un pays sans ressources (lire « sans pétrole »), qui, depuis l’avènement de Sa Majesté Mohammed VI, déclenche une bonne dizaine d’années avant tout le monde une série de réformes sociales, politiques, institutionnelles, économiques et humaines…, mais pourquoi ? Ils sont fous ces Marocains !

En fait, la vision est claire : faire de notre pays la porte d’entrée de l’Afrique, continent considéré aujourd’hui, après le passage de la crise financière mondiale, comme seul véritable futur relais de croissance.

Une vision déclinée en axes stratégiques : développement des axes de communication, routes, autoroutes, ports, lignes aériennes ; développement et création de zones de libre échange attirant les investissements directs étrangers ; signature de partenariats et d’accords de libre échange ouverts avec l’Union européenne, les États-Unis, le Conseil de coopération du Golfe (CCG)… ; développement d’une série de stratégies sectorielles ; développement de spécialisations sur des industries pointues à haute valeur ajoutée, créant ainsi les Métiers mondiaux du Maroc (MMM). Certes, il y a manque de cohérence et de convergence globale entre ces dizaines de stratégies, et la communication sur les produits Maroc reste trop segmentée pour être entendue à l’échelle internationale, et, franchement, on gagnerait beaucoup en mettant sous un même et unique chapeau un office du tourisme, une agence des investissements, un Maroc export, une maison de l’artisan… Mais cela est un autre débat !

Les États-Unis et le Maroc fêtent chaque année leur noce vieille déjà de plusieurs siècles. Bien évidemment, il existe des querelles et des « prises de bec » dans certains vieux couples. Toujours est-il que les États-Unis n’ont jamais reconnu la pseudo République arabe sahraouie démocratique (RASD), malgré les tentatives désespérées d’achat de lobbys américains à coups de pétrodollars de notre cher voisin. Le mariage est solide, réfléchi et trop vieux pour voir ailleurs…

Nos frères des Émirats arabes unis sont un pilier de notre politique et présence dans cette région du monde. Les deux régimes et les deux peuples sont très proches. Preuve en est : les importants investissements au Maroc, et pour n’en citer que quelques-uns, l’achat par Etisalat des parts de Vivendi dans Maroc Telecom ; l’investissement de Taqa, premier producteur privé d’électricité au Maroc… ; et pourquoi pas un Etihad dans le tour de table de notre très cher Royal Air Maroc !

L’image de l’entonnoir m’interpelle à plusieurs raisons. D’un côté, les Émirats arabes unis savent que la meilleure entrée vers l’Afrique doit se faire via le Maroc, car la courbe d’expérience des investisseurs pionniers marocains est là, et peut être un atout décisif, et d’un autre côté les États-Unis qui veulent, à travers le Maroc et ses avancées en matière de développement humain et de droits de l’homme, amener les pays frères africains vers un modèle de gouvernance sain et sans danger.

L’axe Abou Dhabi/Rabat/Washington est donc un cheminement naturel, logique et plein de bon sens. Après avoir porté pendant plusieurs générations le patronyme de « creuset de civilisations », voilà le Maroc devenu « le berceau du développement humain », pour plusieurs générations. Je ne l’espère pas, j’en suis sûr !

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