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Ouverture iranienne: une stimulation du marché de la finance islamique

Editor de Sep 27, 2015 - 16:31 dans International

La levée de sanctions contre l’Iran donnera un coup de pouce à la croissance de la finance islamique, selon l’agence de notation Standard & Poors.

Selon un rapport de S&P, le Plan conjoint d’action globale (JCPA) avec le P5 + 1 « est de bon augure pour l’économie de l’Iran, lorsque les sanctions seront levées, et pourrait stimuler la finance islamique », étant donné que l’Iran contribue à environ 40% des actifs bancaires islamiques mondiaux.

L’agence estime que le système bancaire iranien en lui-même est peu susceptible d’absorber les investissements nécessaires pour construire des infrastructures post-sanctions, en raison de la faible capitalisation et d’indicateurs de qualité des actifs faibles. L’Iran devra avoir recours à d’autres formes de financement telles que les sukuk (obligations compatibles avec la Charia), ce qui offrira aux investisseurs islamiques mondiaux « une opportunité de diversification» et se traduira pour le marché par des volumes plus élevés, permettant de soutenir la croissance à moyen terme.

Selon S&P, en raison des sanctions internationales, les entités iraniennes n’ont pu émettre de sukuk au niveau global, mais on estime qu’à elles seules, les émissions locales ont généré 10 à 15 milliards de dollars par an au cours des quatre dernières années. En réalité, les banques iraniennes sont estimées avoir contribué au système islamique bancaire mondial à hauteur de la somme stupéfiante d’un demi trillion de dollars à la mi-2014, selon les données fournies par la Banque centrale d’Iran.

Des obstacles se posent cependant à la concrétisation de cette opportunité. Peu de données et d’informations financières sur l’Iran sont disponibles, et le système bancaire iranien n’est pas assez intégré avec les autres systèmes bancaires islamiques. En outre, les produits islamiques iraniens sont structurés différemment de ceux des pays du CCG et de la Malaisie; qui plus est, l ‘«environnement réglementaire actuel doit encore être renforcé avant que le pays soit en mesure de tirer pleinement parti des structures couramment utilisés et acceptées sur le marché», explique S & P.

« L’Iran a pris un bon départ: en 2008, un changement réglementaire a précisé le cadre réglementaire des sukuk Ijara; en 2009, un changement de réglementation a permis la neutralité fiscale (soit l’absence de taxes supplémentaires sur le financement conventionnel) de véhicules à usage spécial dans l’émission de sukuk; et en 2012, les autorités ont promulguées des exigences réglementaires pourles sukuk Murabaha. Des modifications réglementaires supplémentaires concernant d’autres types de structures largement acceptés sur le marché et précisant la possibilité d’émettre des instruments sous des législatures étrangères (telles que le droit anglais) en Iran, seraient la clé pour attirer les investisseurs ensukuk, » ajoute l’agence.

Le pays devra également améliorer la protection des investisseurs et l’applicabilité des contrats, afin de rendre ses produits plus attractifs pour les investisseurs étrangers.

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