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Monde Forum économique France-Pays du Golfe

Hakima Kernane de Déc 12, 2016 - 08:59 dans International

La région du Golfe, composée de sociétés en mutation riches de populations cosmopolites, connaît une croissance économique dynamique.

Grâce aux visions établies par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), les potentialités de développement de la région s’accentuent et offrent de belles perspectives de partenariats avec la France.
Initié par l’Arabie Saoudite, le CCG, né en mai 1981, est l’un des marchés les plus dynamiques au monde. Composé de six pays membres – l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Oman et Bahreïn –, ce dernier est convoité, entre autres, par les entreprises occidentales dont les françaises.
Depuis des décennies, les pays membres du CCG ont établi des stratégies et de nouveaux programmes économiques. Ces derniers ont été conçus sur le long terme afin de permettre aux pays membres de cette organisation d’atteindre des objectifs de développement du nouveau millénaire.
Le contexte actuel exigerait de la part des gouvernants la mise en œuvre de programmes ambitieux qui permettraient aux pays membres d’être au diapason de la mondialisation et des transformations socio-économique et géopolitique que connaît le monde aujourd’hui.
« Désormais, le monde est dans notre pièce. Le monde arabe, l’Europe ou l’Asie sont influencés par la technologie numérique, elle est présente dans tous les secteurs, elle améliore les rendements, elle permet d’offrir des services de qualité. Nous profitons de cette technologie, car elle permet une large diffusion et connecte les intervenants », a expliqué Abdel Aziz Othman, conseiller saoudien et directeur du département de la formation de la société novatrice Afkar.
L’expert explique que le marché économique se transforme. Les entrepreneurs n’ont plus besoin de locaux, le temps consacré à la prise de décision et son exécution sont rapides.
Abdel Rahim Hassan Naqi, secrétaire général de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie des pays du CCG, représentant de l’Arabie Saoudite, a souligné que la stratégie adoptée par l’organisation du CCG vise à préparer l’économie de l’après-pétrole.

Acquisition de compétences. « Pour y parvenir, les pays du Golfe visent l’acquisition de compétences en matières de nouvelles technologies de l’économie numérique », a-t-il expliqué lors de la séance débat avec les intervenants du 3e Forum économique France-Pays du Golfe, tenu à Paris le 20 octobre dernier.
L’organisation vise la diversification des économies nationales, l’amélioration du climat des affaires, la promotion des investissements et l’accentuation du rôle du secteur privé dans la création des richesses nationales.
Depuis la chute des cours des hydrocarbures sur le marché mondial, les pays du CCG ont redoublé d’efforts pour accélérer la cadence de la diversification économique. Ils ont ainsi opté pour des programmes plus ambitieux en termes d’investissements financiers et de réalisations de projets à grande valeur technologique, dans divers domaines : télécommunications, agriculture, transports, énergies renouvelables, villes futures, enseignement, équipements et tourisme.
En effet, les pays du CCG consacrent une enveloppe de 750 milliards de dollars, lesquels seront réservés à la diversification des sources énergétiques (250 milliards de dollars sont investis dans l’industrie pétrolière, 200 milliards pour l’industrie du gaz et 317 milliards pour la production d’électricité).
À titre d’exemple, les Émirats arabes unis visent à investir 100 milliards de dollars dans le développement des énergies renouvelables. Le pays compte atteindre 10 % de parts de marché dans le secteur de l’énergie à l’horizon 2020.
De même pour le secteur des transports dont la réalisation des métros de Doha et de Dubaï et d’autres projets en cours de réalisation – comme ceux de Kuwait City, de Riyad, de La Mecque, de Djeddah, de Médine et d’autres villes en Arabie Saoudite – sont des indicateurs forts des programmes ambitieux de la construction des infrastructures en cours dans la région. Notons que le projet concerne la construction de la ligne de train à grande vitesse (TGV) qui reliera les capitales des six pays membres du CCG.
Exportations, partenariats stratégiques et diversification économique (énergie, transport, agroalimentaire, environnement, santé, économie numérique) sont les principaux thèmes qui ont été abordés lors du 3e Forum économique France-Pays du Golfe, organisé par la chambre de commerce franco-arabe (CCFA). L’objectif : améliorer la qualité de vie des citoyens en mettant en avant l’accès à la justice sociale, notamment en matière d’accès généralisé à l’éducation, à la santé et à l’emploi.
Lors de l’atelier consacré à « La coopération franco-arabe dans le secteur de la santé et les produits pharmaceutiques », Pierre Savart, directeur des Opérations internationales du groupe Les Entreprises du médicament (LEEM), a indiqué que le budget alloué à la construction des infrastructures de santé et à l’achat de médicaments a enregistré une croissance à deux chiffres dans la région.
De son côté, Hamouda Zaouïa, directeur de la région Afrique/Moyen-Orient du Laboratoire Pierre Fabre Médicament, considère que le médicament est le levier de développement en faveur des soins de santé et la diversification économique.

Nouvelles technologies. Le groupe français Sanofi Aventis est présent sur le marché saoudien à travers des investissements dans la production et l’exportation de médicaments de traitement des maladies cardiovasculaires et diabète. « La coopération dans cette filière est en état de balbutiement, nous devons poursuivre nos efforts dans la formation et vers plus d’ouverture dans l’utilisation des nouvelles technologies », nous confie Yahya al-Waznah, président du Conseil d’administration du Groupe des Cadres et expert saoudien dans le domaine de la santé.
L’expert explique que les services de santé seront amenés à faire fructifier leurs efforts dans la réalisation des études et la recherche scientifique et à investir dans le stockage et la sécurisation des données. Des travaux qui, selon l’orateur, permettront aux professionnels de la santé d’améliorer l’accès aux soins et d’offrir une meilleure qualité de vie aux citoyens. « Les changements actuels – concentration des produits chimiques, poussée fulgurante des maladies chroniques comme le cancer, le manque des médicaments notamment dans les pays pauvres – ont pour conséquence l’augmentation des coûts de la santé », a-t-il expliqué lors de son intervention.
Le représentant de Pierre Fabre Médicament a quant à lui expliqué que nous assisterons, dans la prochaine décennie, à une révolution dans la digitalisation du médical. « Les start-up et les sociétés digitales existent déjà, mais elles ne s’investissent pas encore dans le Big Data en tant que support de plates-formes », a-t-il affirmé lors de son intervention au cours de l’atelier consacré à la santé et aux produits pharmaceutiques.
De son côté, Nabil Mishab, expert universitaire en prévoyance santé, confirme que l’usage du Big Data dans le secteur de la santé permet aussi de connaître et de prévenir les maladies et les épidémies. « C’est la raison pour laquelle nous souhaiterions pouvoir développer cette technologie dans le cadre d’une coopération renforcée entre la France et les pays du Golfe », nous a-t-il confié.
Quant à Yahya al-Waznah, il explique que le renforcement de la coopération entre les pays du Golfe et la France aura aussi pour objectif « de profiter de l’expertise de la France dans le domaine de la santé, notamment sur le plan technologique et technique ».
L’expert plaide pour le renforcement de la coopération entre l’Arabie Saoudite et la France dans les domaines de l’enseignement, la formation et la recherche scientifique, notamment à travers la réalisation des instituts médicaux de spécialisations médicales confondues. Soulignons que l’Arabie Saoudite a mis en œuvre un projet de développement du capital humain à travers un plan de formation de 100 000 enseignants dans diverses filières, et consacrera, à plus long terme, 11,7 % de son PIB au secteur de la santé.
Les pays du Golfe accordent une importance particulière au développement numérique. La généralisation de l’accès à Internet, l’usage de la téléphonie mobile, la mise en œuvre des e-administration et e-gouvernement ont atteint un stade de développement avancé. Des résultats obtenus grâce aux investissements consentis dans le domaine de la formation et la recherche scientifique, en collaboration avec les grandes entités de renommée mondiale.
L’apport du secteur privé est très attractif grâce à l’octroi d’avantages financiers et fiscaux par les autorités publiques. Des réformes structurelles dans l’optimisation du climat des affaires seront proposées pour préparer la période après-pétrole, et des moyens financiers à hauteur des ambitions des visions 2020/ 2030, définies par les gouvernants des pays du CCG pour atteindre les objectifs du millénaire.