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Crise du Golfe : Le Qatar n’a plus la cote à Washington

Lila Schoepf de Août 6, 2017 - 10:31 dans International

Un récent sondage Arab News et YouGov révèle la profonde méfiance de l’opinion publique américaine à l’encontre de Doha.

La crise dans le Golfe, déclenchée il y deux mois, ne suscite pas seulement l’attention des chancelleries et des décideurs politiques et économiques, elle entre aussi dans un jeu de lobbies d’influence et de groupes d’intérêts.

Dans cette polarisation en cours, l’opinion publique occidentale en général, et américaine en particulier, est souvent sollicitée ou consultée. Bien que Doha ne se lésine pas sur les moyens à déployer (y compris le recours à plusieurs sociétés de communication pour atteler sa propagande ou mener des campagnes de dénigration contre des responsables de quatre pays mettant en cause le Qatar), les autorités qataries ne gagnent pas la bataille de l’opinion américaine.
À l’égard de la crise en cours, le flottement entre la Maison Blanche et les autres institutions américaines n’a pas pesé sur la position officielle de Washington DC qui a profité de la pression du groupe des quatre États pour amener Doha à signer un nouvel accord contre le financement et le soutien du terrorisme.

Malgré la propagande orchestrée par de lobbies liées à Doha, et malgré l’arme de la victimisation face au boycott de quatre pays arabes entrés en crise avec le Qatar, un récent sondage réalisé aux États-Unis par Arab News et YouGov révèle que seulement 27% des Américains considèrent le Qatar comme « pays allié ou ami », et que 71% croient que le Qatar est impliqué à divers degrés dans le financement ou soutien du terrorisme. Dans le même cadre, plus de 6 Américains sur 10 parmi les sondés classent Al-Jazeera comme plate-forme de propagande nocive. Plus significatif pour Doha et pour les développements de cette crise, le positionnement de 69% des Américains pour le déplacement de la base américaine d’Al-Aïdid à cause du comportement de la direction qatarie.
De Washington aux capitales européennes et aux centres de décision d’autres acteurs concernés, l’agitation diplomatique et médiatique de Doha n’a pas généré les dividendes escomptés et toutes les manœuvres pour échapper à la bonne conduite et au respect des engagements pris depuis 2014 n’ont pas abouti.
L’entêtement et la diplomatie du chéquier et de grands contrats à la hâte, ne parviennent pas à faire sortir le Qatar de son isolement dans son proche environnement et de l’impasse provoquée par une politique aventurière et irrationnelle.