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Managers

Editor de Mai 20, 2013 - 18:04 dans Economie

ALGÉRIE

Issad Rebrab

Le président-directeur général du premier groupe privé algérien, Cevital, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 3,5 milliards de dollars en 2012, s’attaque à ce qu’il qualifie de « climat des affaires médiocre ». Ce fléau auquel, d’après lui, est confronté l’entrepreneur privé en Algérie, alors que les autorités concernées ne font rien pour l’encourager à surmonter les difficultés. Issad Rebrab va plus loin et estime que le climat d’affaires est « hostile ». Il accuse le secteur public de tout écraser, d’autant qu’il est couvert par l’État qui est toujours méfiant envers la moindre avancée des sociétés privées. Notamment, envers celles qui percent, dit-il. Ce qui a dérangé le plus au niveau officiel, c’est que Rebrab a choisi de critiquer la politique du gouvernement devant un parterre d’étudiants de l’Insim au cours d’une conférence-débat organisée au siège de Huyndaï, l’une des filiales du groupe Cevital.

Les phrases assassines d’Issad Rebrab lors de chacune de ses récentes apparitions médiatiques ont incité des observateurs à Alger à souligner que l’homme le plus fort dans le monde de l’industrie et des affaires en Algérie aurait un rôle important à jouer dans la prochaine élection présidentielle. Le P-DG de Cevital se base sur les chiffres et il donne des exemples pour montrer la défaillance du secteur public algérien et ainsi du pouvoir qui le défend et le sauve au prix le plus fort. À cet égard, Rebrab a cité pour exemple une de ses filiales qui a réalisé un chiffre d’affaires de 7 milliards de dinars. Ce qui représente le résultat de deux entreprises publiques réunies. Ces dernières ont pourtant bénéficié auparavant d’un soutien de l’État s’élevant à 39 milliards de dinars.

TUNISIE

Chedli Ayari

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) commence à déranger les dirigeants de la troïka au pouvoir. Cet économiste, réputé pour son intégrité et sa compétence, qui a occupé des postes à responsabilité avant la révolution, conteste les chiffres publiés par certains ministères. Chedli Ayari estime que ces manipulations des statistiques nuisent à l’image de la Tunisie, non seulement auprès des institutions financières internationales, mais également des pays donateurs. Les mises en garde successives du gouverneur de la BCT contre la dégradation de la situation financière du pays et les difficultés auxquelles est confronté le secteur bancaire l’ont récemment mis dans la ligne de mire des décideurs. Et également dans celle du président de la république, Moncef Marzouki, qui, dit-on, était contre la nomination de Chedli Ayari à son poste actuel. Pour preuve, le fait que Marzouki n’ait pas remercié Ayari pour les efforts accomplis par la Banque centrale dans la restitution des avoirs du clan de l’ancien président Ben Ali.

Cette attitude, qualifiée de « non-respectueuse » envers Ayari, a incité ce dernier à quitter précipitamment le palais de Carthage, malgré les tentatives de Nadhir ben Ammou, ministre de la Justice. Nadhir ben Ammou, qui est le président de la commission de récupération des avoirs, n’a pas hésité à dire qu’il regrette ce qui s’est passé, en donnant raison à Chedli Ayari, cet homme respectable qui se sent blessé à juste titre. Dans ce contexte, le président de l’Association tunisienne pour la transparence financière (ATTF), Sami Remadi, a accusé Moncef Marzouki d’avoir joué un rôle purement politique dans cette affaire, et de s’en être servi à des fins politiques.

LIBYE

Abdelbari al-Aroussi

Le ministre du Pétrole a affirmé à Arabies que, contrairement à toutes les estimations et rumeurs, il est déterminé à octroyer de nouvelles concessions pétrolières avant la fin de 2013. Abdelbari al-Aroussi a même indiqué que des dizaines de compagnies pétrolières et gazières internationales ont déjà fait part au ministère du Pétrole de leur intention de se lancer dans les nouveaux appels d’offres au moment venu, sans fixer de date précise concernant les autorisations ou les lieux des sites, moins encore leur nature. Ce qui a participé à semer le doute sur la capacité de l’actuel gouvernement à réaliser les nouvelles concessions. Pour justifier la détermination de l’Exécutif, le ministre du Pétrole a tenu à préciser que le ministère a besoin d’un peu de temps pour étudier les détails. Ce qui a incité les experts pétroliers à considérer que l’octroi des appels d’offres n’est qu’un ballon d’essai. D’autant que les compagnies pétrolières internationales ne se sont guère prêtes à s’engager tant que la situation sécuritaire est instable, et que les risques, liés au secteur pétrolier notamment, restent aussi importants.

Les grèves permanentes sur les sites, ajoutées aux menaces émanant des tribus – sur les terres desquelles se trouvent les plus grands champs pétroliers –, rendent les sociétés étrangères plus réticentes. En plus, force est de noter que la National Oil Corporation (NOC) libyenne, qui, d’habitude, lançait les appels d’offres, n’a pas commenté les déclarations du ministre du Pétrole. Ce dernier a indiqué à Arabies qu’il n’y a aucune contradiction au niveau des approches du ministère et de la NOC, ni avec le gouvernement en place d’Ali Zeidane. Par ailleurs, soulignons qu’aucune concession n’a été accordée depuis la fin de la révolution qui a renversé l’ancien régime du colonel Kadhafi. Pour consolider ses déclarations, Abdelbari al-Aroussi a précisé que son pays envisage de demander un relèvement de son quota de production pétrolière, fixé par l’État. Ce qui semble inconcevable à ce stade.