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LIBYE Une collaboration sécuritaire nécessaire

Moncef Mahroug de Mar 4, 2017 - 07:42 dans Economie

« Un budget important sera alloué à la reconstruction de la Libye », déclare Ashraf Tulty, le porte-parole du conseil présidentiel du gouvernement de concorde nationale.

Alors que le dialogue politique se poursuit afin de trouver une solution à la crise libyenne, la question de la reconstruction de la Libye fait déjà l’objet de discussions entre les Libyens et les bailleurs de fonds internationaux. Explications du porte-parole du conseil présidentiel du gouvernement de concorde nationale, présent aux journées de l’entreprise organisées par l’IACE (à Sousse les 8 et 10 décembre 2016).

La reprise de la ville de Syrte par les forces armées du gouvernement d’Union nationale aux combattants de Daech le 5 décembre 2016 peut-elle contribuer à faire avancer le dialogue politique en Libye ?
La défaite de Daech aura sans nul doute des retombées positives. Cette grande victoire remportée par les forces de la brigade Al-Bunyan al-Marsous (structure solide) contre le groupe de Daech – qui a causé des problèmes économiques et sécuritaires à Syrte et menaçait les pays de la zone et toute la région –, et qui a été largement soutenue sur le plan international, doit en effet être mise à profit de manière positive. C’est d’ailleurs ce que nous observons, avec le rapprochement amorcé entre certains acteurs politiques libyens.
Nous espérons également que les pays voisins qui étaient impactés négativement par la présence de Daech, en particulier la Tunisie, vont prendre les devants et mettre en place une collaboration dans le domaine sécuritaire.

Les efforts menés par l’émissaire des Nations unies pour la Libye, Martin Kobler, peuvent-ils encore aboutir à un accord politique et à la fin de la crise libyenne ?
La coordination entre le conseil de la présidence du gouvernement de concorde (basé à Tripoli) et l’ONU se poursuit de manière soutenue. Le 9 décembre, le président Fayez al-Sarraj et le vice-président Ahmed Maitig ont reçu de hauts responsables onusiens, dont M. Kobler et les responsables des questions sécuritaires pour coordonner le déminage et la reconstruction de Syrte.

Y a-t-il du nouveau en ce qui concerne les relations avec le gouvernement et le parlement de Tobrouk ?
Il y a un rapprochement et la coordination et les discussions sont en cours. Le conseil de la présidence du gouvernement de Concorde nationale croit en la politique de la porte ouverte à toutes les parties. Nous avons des membres du Parlement à Tobrouk qui sont favorables à la concorde nationale. Je suis très optimiste en ce qui concerne la médiation algérienne et européenne, et les efforts de nos frères tunisiens.

Qu’est ce qui, selon vous, retarde la conclusion d’un accord mettant fin à la crise libyenne ?
Le principal désaccord concerne l’accord conclu le 17 décembre 2015 à Skhirat, au Maroc. Il stipule son inclusion dans la déclaration constitutionnelle, via un amendement par le Parlement. Après quoi, le nouveau gouvernement formé par le conseil présidentiel sera présenté. Malheureusement, le Parlement n’a pas encore opéré cette inclusion. Nous espérons qu’elle se fera pour que le nouveau gouvernement puisse être présenté afin d’obtenir la confiance et commencer à travailler dans la concorde. Malgré cela, le gouvernement en place à Tripoli fonctionne et les ministres et secrétaires chargés des différentes fonctions s’acquittent de leurs tâches.

Les responsables gouvernementaux libyens ayant participé aux Journées de l’entreprise (organisées tous les ans par l’Institut arabe des chefs d’entreprises), à Sousse, ont appelé le président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, et le secrétaire général du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDLT, Ettakatol) Mustapha ben Jaafar à intervenir afin d’aider à trouver une solution. Une telle intervention ou médiation viendrait-elle en renfort de celle de l’ONU ou la remplacerait-elle ?
Le rôle de la Tunisie est sans nul doute très important, car elle la plus proche culturellement de la Libye. Mais je ne vois aucune contradiction entre le rôle de la diplomatie tunisienne et les autres efforts.

Des discussions sur la reconstruction de la Libye sont en cours avec les bailleurs de fonds internationaux. Une réunion a eu lieu en décembre dernier à Tunis. À quoi a-t-elle abouti ?
Le plan de reconstruction est déjà prêt. Le budget est en passe d’être débloqué par la Banque centrale de Libye. Il sera très important. Et nous comptons beaucoup sur le secteur privé dans la reconstruction du pays.