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INTERVIEW EXCLUSIVE Se préparer pour l’avenir

Lila Schoepf de Août 16, 2017 - 10:36 dans Economie

Fahad al-Gergawi, PDG de Dubai Investment Development Agency, affirme que les acteurs mondiaux voient en Dubaï une plate-forme économique internationale.

Du point de vue économique, 2016 a été une année de nombreux hauts et bas. Comment voyez-vous la situation en 2017, aux Émirats arabes unis et dans toute la région du Conseil de coopération du Golfe ?
Dans l’ensemble, nous voyons une année 2017 optimiste, en particulier vers la fin, où il y aura une augmentation soutenue, même légère, des prix du pétrole. Elle aura un impact positif sur la psychologie des entreprises et des hommes d’affaires, et la région sera plus optimiste. En ce qui concerne les domaines socioéconomiques et sociopolitiques, nous nous attendons à une amélioration de la situation – en particulier au Yémen et en Syrie – qui aura aussi une incidence sur les entreprises.
Dans le même temps, nous observons de la part de nombreux acteurs mondiaux un intérêt croissant pour Dubaï et pour les Émirats arabes unis [EAU] en général. Ces acteurs mondiaux voient en Dubaï une des plates-formes internationales pour se positionner fortement, en vue d’assurer leur croissance future en obtenant un accès à la région. Nous nous attendons aussi à une possible accélération de projets d’infrastructure, qui seront sans doute montés dans la région vers la fin de cette année, le cycle se poursuivant jusqu’en 2018. Nous pensons que 2018 marquera réellement le début d’un nouveau cycle économique.

La stabilité est la clef pour le développement de cette région. Quelle est l’importance pour le Yémen et la Syrie de résoudre leurs conflits en cours pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’entrave à la croissance globale de cette zone ?
Il est très important que leurs problèmes soient résolus au plus tôt, et il existe en réalité un consensus mondial sur le fait que la situation doit être réglée pour assurer la croissance de cette région. Je pense que le Yémen en est beaucoup plus proche. Cependant, le problème syrien a un effet psychologique important sur cette région. Une fois ces questions résolues, nous connaîtrons davantage de stabilité dans les économies de la zone. Nous traitons actuellement ces situations prévalant sur le marché en faisant des efforts supplémentaires pour nous y adapter. Une fois que tout aura été résolu, nous aurons davantage de résilience, ainsi qu’un meilleur retour du marché.

La concurrence dans cette région est acharnée. Chaque compagnie essaie de dépasser l’autre en vue de l’emporter sur ses concurrents. Dans quels secteurs les EAU sont-ils les plus performants ?
Les EAU réussissent déjà pleinement dans certains domaines en rapport avec l’infrastructure et la logistique. L’informatique a grandement aidé au développement économique. Il est intéressant de noter que l’informatique n’a pas seulement été un secteur horizontal, et qu’elle assure toujours à l’heure actuelle un soutien exceptionnel aux entreprises ainsi qu’aux initiatives que le gouvernement a élaborées et présentées au cours de ces dernières années.
Nous avons déjà commencé à voir, dans l’ensemble des résultats annoncés par diverses sociétés, que la majorité des investissements sont réalisés dans les secteurs des moyennes industries et de la technologie de pointe. Cela promet un bon rendement et reflète ce que sera l’avenir des investissements dans la région.

Les prix du pétrole brut continueront-ils de tourner autour d’un prx de 60 dollars le baril, ou pensez-vous que nous connaîtrons des hausses ou des baisses majeures ?
Nous devrions voir dans les jours à venir une augmentation régulière des prix du pétrole, mais rien de vraiment important. Je pense que les gens et les marchés sont désormais impliqués sur ce sujet, et qu’ils savent comment y faire face, contrairement à l’année passée à la même période.

L’un des points soulevés lors du Forum économique mondial de Davos cette année était l’industrie 4.0. Le Moyen-Orient est-il en dehors de cette course ou prenez-vous certaines initiatives pour combler le retard ?
Nous sommes au cœur de ce thème, les EAU étant le premier gouvernement au monde à annoncer sa stratégie pour la quatrième révolution industrielle. Par ailleurs, être les premiers ne consiste pas seulement à faire des effets d’annonces, mais aussi à agir. Nous savons que les gouvernements qui agissent aujourd’hui seront à même de prendre l’avenir à bras-le-corps. Cela garantit une plus grande maturité au sein des marchés et leur redonne confiance pour faire face aux futures perturbations. C’est très important, en particulier si vous considérez des domaines comme la Fintech, la Blockchain et le développement des villes intelligentes. Les EAU ont déjà initié le mouvement en ce sens.

La Fintech a déjà pris d’assaut cette région, et une importante dynamique de réflexion est organisée dans ce secteur. Qui voyez-vous se démarquer localement ?
La Fintech vient tout juste de démarrer dans cette région, mais nous devons attendre encore pour voir de vrais bons résultats. Au niveau mondial aussi, c’est encore nouveau. Je pense qu’il y a seulement huit véritables plates-formes de Fintech dans le monde. Dubaï veut également faire partie de ce phénomène récent, mais nous avons besoin d’un certain temps pour voir certains se démarquer véritablement.