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ALGÉRIE Valorisation du capital humain

Hakima Kernane de Mai 12, 2017 - 08:43 dans Economie

Rencontre avec Louai Djaffar, président-directeur général d’Emploitic.com.

Quelle est l’évolution du marché de l’emploi en Algérie ?
Nous constatons de nouvelles tendances sur les secteurs qui recrutent le plus et les profils les plus recherchés. Notre économie est en mutation vers plus d’industrialisation et nous l’observons clairement à travers nos annonces. La contrepartie, c’est évidemment moins d’emplois dans le secteur du commerce et de la distribution et un ralentissement du BTP. Cette mutation est positive car elle permet l’émergence d’emplois plus productifs à condition que les efforts déployés se poursuivent et que les investissements industriels s’intensifient.

Emploitic.com est devenu est une référence en matière de recrutement…
Nous avons fêté nos 10 ans en avril dernier. Emploitic.com a été créé à travers un dispositif d’aide à l’entrepreneuriat Ansej avec peu de moyens et de grandes ambitions. Notre objectif était de révolutionner l’intermédiation dans ce secteur, la rendre plus facile, plus efficace et avoir ainsi un impact positif sur notre société. Faciliter la recherche d’emploi et permettre aux entreprises de recruter les talents nécessaires à leur développement. Aujourd’hui, plus de 8 000 entreprises utilisent nos services et plus de 800 000 candidats se connectent régulièrement pour trouver de meilleures opportunités de carrière.

Quelle la tendance actuelle de l’offre et de la demande en matière de profils ?
Les annonces d’emploi sur le site reflètent les mutations que vit l’économie algérienne. En 2016, 30 % des profils de la fonction commerciale et relation clients se sont portés non pas sur le secteur du commerce et de la distribution mais plutôt sur les secteurs de l’industrie et des services. La progression des profils industriels et de la production représente 17 % des profils du site, résultat de l’encouragement de la production nationale et de la limitation des importations. Nous constatons aussi que les métiers de la finance, de la comptabilité et de la banque représentent 8 % des profils et les métiers de l’administration générale 7 %. Et pour finir, les profils en relation avec la logistique, les achats et le transport représentent 7 %. Nous pensons que la demande sur ces derniers sera de plus en plus importante avec le développement de l’industrie algérienne.

Quels sont les principaux recruteurs ?
Nous retrouvons sur Emploitic.com tous les secteurs d’activité, des entreprises internationales, grandes entreprises algériennes et des PME locales. Ces dernières années, le secteur public est aussi présent en force sur notre site.

Quelles actions faudra-t-il mener pour davantage de valorisation du capital humain auprès des pouvoirs publics et du monde de l’entreprise ?
Les entreprises sont conscientes de l’importance du capital humain et de l’intérêt qu’elles ont à le développer et à le fidéliser. Elles mènent une véritable guerre des talents pour les recruter et surtout pour les garder. Parallèlement, des actions de promotion de l’entrepreneuriat sont menées, ce qui va dans le sens de la valorisation du capital humain. Évidemment, ce n’est jamais assez et nous souhaitons et nous œuvrons pour développer ces approches à travers des actions ciblées.

Les entreprises ont-elles recours à l’apport des compétences de la diaspora à l’étranger et à des expatriés ?
Les multinationales ont, bien sûr, recours à leurs réseaux internes pour des postes d’expatriation pour une expertise précise et des projets de transfert de compétences. Ces expatriés peuvent être remplacés par des compétences locales lorsque c’est possible. Concernant la diaspora, il y a une dynamique pour favoriser leur retour à travers des rencontres de networking et des salons, cette initiative commence à donner des résultats pour quelques entreprises.