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À la recherche d’investisseurs

Editor de Nov 17, 2015 - 15:42 dans Economie

Des divergences politiques pourraient avoir freiné les investisseurs institutionnels arabes en Turquie, alors que les investisseurs privés s’intéressent aux projets à rendement élevé.

L a Turquie s’éloigne de ses voisins arabes… Politiquement et économiquement fausse jusqu’à ces dix-huit derniers mois, cette affirmation est maintenant en partie exacte. Le gouvernement du pré- sident Recep Tayyip Erdogan a pris, en Égypte, au Yémen et en Syrie, une position qui ne concorde pas nécessairement avec celle de pays arabes importants, comme l’Arabie Saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis (EAU).

L’intensité croissante du rapprochement entre les Turcs et les Iraniens n’est pas non plus pour aider. Bien que les gouvernements puissent avoir des visions divergentes sur les questions politiques, les individus, en particulier les investisseurs, ont leur propre point de vue. Si le retour sur investissement est élevé et qu’aucune loi locale n’est transgressée, les questions politiques seront reléguées au second plan tandis que les affaires prévaudront.

Dans le cas de la Turquie, les investisseurs arabes, notamment les organismes d’État du Conseil de coopération du Golfe (CCG), montraient un intérêt majeur dans les projets de construction du pays, mais on voit aujourd’hui un net ralentissement. En raison de la dynamique de commercialisation et de la stabilité des marchés turcs, les investisseurs de pays comme l’Azerbaïdjan, la Russie et l’Iran acquièrent des propriétés dans le centre névralgique commercial d’Istanbul.

Le changement dans le flux d’investissement étranger est évident, mais cela ne fait pas beaucoup de différence, déclare le maire de la municipalité de Kartal à Istanbul. Altinok Oz, qui a été réélu en 2014 maire de la région de Kartal, nous a déclaré que peu importait désormais la provenance de l’investissement. « Bien que nous recevions toujours des investisseurs de la région arabe, il y a eu dernièrement une hausse substantielle dans les investissements en provenance de pays comme l’Azerbaïdjan », affirme Altinok Oz, dont le Parti républicain du peuple, ou CHP, est apparu aux dernières élections comme le deuxième plus grand parti politique après l’AKP d’Erdogan.

En faisant abstraction des divergences politiques mineures, certains des plus grands promoteurs nous ont affirmé que les investisseurs privés de certains pays arabes continuaient à investir en Turquie, et particulièrement à Istanbul. Pôle d’attraction. Cependant, l’éventail de l’investissement étranger s’élargit et les investisseurs provenant d’autres régions font la queue pour avoir une part dans le gâteau extrêmement lucratif de l’immobilier d’Istanbul, ontils affirmé. Avec un riche héritage, Istanbul a prouvé qu’elle était le pôle d’attraction des investissements. Les statistiques communiquées par les responsables gouvernementaux sont à tout le moins très impressionnantes. Istanbul se place en 8e position parmi 78 métropoles mondiales, pendant que la Turquie compte parmi les 16 plus fortes économies mondiales. Elle est la 6e plus forte économie d’Europe – si l’on considère, à des fins théoriques, la Turquie comme faisant partie de l’Europe.

Le secteur de la construction d’Istanbul a connu au cours des quelques dernières années un flux massif de capitaux étrangers. En 2014, le nombre de propriétés vendues en Turquie s’élevait à 1,16 million, alors que les Investissements directs étrangers (IDE) dans l’immobilier d’Istanbul étaient de 4,32 milliards de dollars.

Comme la densité des projets immobiliers dans la partie dite « européenne » d’Istanbul a atteint un point de saturation, l’attention s’est déplacée vers la partie asiatique, Kartal semblant être la plus attirante grâce à sa structure urbaine assez intéressante, son infrastructure de loisirs, ainsi que sa vue majestueuse sur les Îles des Princes.

Assez semblable aux lieux de villégiature européens comme la Côte d’Azur en France ou la Riviera italienne, Kartal se place – ce n’est pas surprenant – au deuxième rang sur la liste des secteurs les plus rentables d’Istanbul. Avec une superficie de construction de plus de 10000 mètres carrés, les promoteurs ainsi que les responsables gouvernementaux affirment que Kartal sera dans les dix prochaines années l’épicentre d’Istanbul.

Les conséquences de ce développement sont déjà positives. Avec la création de la ligne de métro Kadıköy-Kartal, les prix de l’immobilier sont montés en flèche (jusqu’à plus de 30%), entre 2012 et 2013. Investissements immobiliers. Concernant la présence d’investisseurs du CCG et de l’investissement étranger, le présidentdirecteur général du groupe Ege Construction, H. Inanc Kabadayi nous a déclaré : « La proportion des ventes aux pays du CCG s’élève à 60%, par rapport aux ventes totales aux étrangers. La part des investissements immobiliers dans les IDE était de 1,8 milliard de dollars en 2005, alors qu’il s’élevait à 4,3 milliards de dollars à la fin de 2014.”

Il est clair que l’intérêt de la part des investissements étrangers augmente. Après la Loi de Réciprocité adoptée en 2012, les ventes immobilières aux étrangers ont explosé. Au cours du dernier trimestre de 2014, 5 580 propriétés ont été vendues à des étrangers à Istanbul, le nombre s’élevant à 18 959 au niveau du marché turc global », précise Kabadayi. Qui précise que, parmi les pays du CCG, les EAU se présentent comme les premiers investisseurs de la région. « L’Arabie Saoudite est en seconde position après les EAU, avec un nombre record exceptionnel au niveau des investissements. Les observations des compagnies turques participant aux salons de l’immobilier et de la construction dans le monde arabe et ailleurs confirment la demande privée et institutionnelle envers le marché de l’immobilier turc.

En tenant compte des projets d’infrastructure dans la région de Marmara et du nord de la mer Egée, le secteur de l’immobilier turc offre de grandes possibilités aux investisseurs », affirme Kabadayi, ajoutant que les investisseurs du CCG sont majoritairement des acheteurs privés, les acheteurs institutionnels ne représentant qu’une minorité. Sous la direction du maire de Kartal, Kartal Regional Platform (Plate-forme régionale de Kartal) annonçait en mai de cette année l’ouverture du couloir de l’investissement étranger. La plate-forme a réuni cinq compagnies immobilières turques de premier plan : DAP Yapı, DKY Construction, Ege Yapı, Metsan et lş GYO. Carrefour d’affaires. Altinok Oz précise que divers facteurs influent sur la haute valeur d’investissement de Kartal.

« En premier lieu, Sabiha Gökçen International Airport, qui se trouve non loin de Kartal, permet un accès facile vers diverses destinations. Le fait d’avoir le siège principal de nombreuses compagnies nationales et internationales, ainsi qu’un futur centre d’affaires, transforme Kartal en un nouveau carrefour d’affaires. » Après la réalisation des projets résidentiels permettant une vie privée et une vie de famille, l’acquisition d’immobilier dans la région de Kartal se convertira en un investissement assurant une prime particuliè- rement importante. »

Le président-directeur général de Metsan, Cemalettin Satoglu, a mis l’accent sur l’aspect architectural de la région. « Istanbul a été pendant des milliers d’années le centre de nombreuses civilisations, et maintenant que ce sont des villes – plutôt que des pays – qui sont en concurrence les unes avec les autres, nous devons proposer des projets conçus de telle façon qu’ils feront partie de l’histoire d’Istanbul, dans les cinquante prochaines années. » D’après les dirigeants du monde des affaires, le secteur de Kartal continuera à offrir de nouvelles opportunités, aussi bien en investissements que du point de vue financier.

Au niveau industriel, Kocaeli, voisine de Kartal, est la plus grande ville industrielle de Turquie. Outre la majorité des sites de production établis par des marques nationales et mondiales, la région de Kocaeli est une importante plaque tournante logistique. Le campus de l’université de Marmara sera bientôt transféré vers la région, ce qui se traduira par un substantiel progrès socioé- conomique. Tout cela aura un effet positif sur les propriétés résidentielles et commerciales de Kartal. Les groupes basés aux EAU, comme Emaar et Rotana, ont fait sentir leur présence en Turquie à travers des projets et des partenariats dans les projets de développement d’Istanbul.

DAP Yapı, l’une des sociétés de construction de Kartal Regional Platform, a signé un contrat avec Rotana Group, basé aux EAU, pour la gestion des tours de Burgu, Dalga et Tango, situées à Maltepe. Réglementation. L’une des premières questions que se pose un investisseur étranger concerne celle de la réglementation.

La Turquie a lancé des réformes dans ses lois sur l’investissement étranger, en vue de garantir la sécurité des investisseurs étrangers. Kabadayi, d’Ege Construction, précise : « Une nouvelle législation, la Loi de Réciprocité a été adoptée, faisant en sorte que les investisseurs étrangers, de même que leurs acquisitions, se trouvent sous la garantie de la république turque. »

« En termes de questions juridiques, il faudrait souligner le fait que tous les investissements immobiliers devraient être réalisés auprès d’entreprises immobilières cotées en bourse. De tels investissements sont très attentivement surveillés et contrôlés, les entreprises immobilières en participation offrant un grand avantage en matière de sécurité », conclut Kabadayi.