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2014 : Budget Plus Performant

Editor de Jan 12, 2014 - 18:37 dans Economie

2014 : budget plus performant

Par Samir SOBH

Le 22 décembre dernier, le nouveau budget 2014, qualifié d’historique, a été décidé, sans pour autant réaliser un excédent ou enregistrer un déficit. Parallèlement, ce budget comprend des dépenses de l’ordre de 855 milliards de rials saoudiens (RS), soit 228 milliards de dollars. Quant aux revenus, ils sont de la même valeur, ce qui augmente les dépenses prévues pour l’exercice prochain d’environ 35 milliards de RS (soit de 4,5 %), en comparaison avec les prévisions de l’année en cours, estimées à 600 milliards de RS. D’autre part, les recettes du nouveau budget s’élèvent à 26 milliards de RS. Selon les statistiques officielles, l’excédent a été de l’ordre de 206 milliards de RS, alors que les dépenses ont avoisiné 925 milliards de RS. Quant aux revenus réels prévus pour l’exercice actuel, ils dépassent 1,131 trillion de RS en augmentation de 36 %. Notons que 80 % des revenus proviennent du secteur des hydrocarbures.

Le roi Abdallah ben Abdel Aziz – qui voulait que ce budget soit principalement axé sur le capital humain saoudien, l’amélioration du niveau de vie du citoyen – a tenu à s’adresser au peuple. Il a insisté sur le fait d’utiliser les ressources du royaume tout en tenant compte des équilibres entre les régions du pays, notamment, au niveau du développement et de l’évolution. Il a précisé que le budget 2014 est un exemple de la renaissance économique très attendue, à laquelle assiste le royaume, au moment où l’économie mondiale continue de traverser une crise. À cet égard, il faut reconnaître que l’Arabie Saoudite a réussi à sortir son épingle du jeu, malgré les pertes essuyées sur le marché financier américain en 2009 et 2010. Tout comme certains autres pays du Golfe. En dépit de ces secousses, le marché saoudien est resté un pôle d’attraction pour les investisseurs étrangers, et les sociétés internationales qui sont à la recherche des gros contrats offerts par les projets de développement initiés dans les budgets 2011, 2012 et 2013. Le souverain a laissé entendre que l’évolution ne réside pas dans les chiffres publiés, mais plutôt dans ce qu’ils pourraient réaliser sur le terrain.

Le nouveau budget s’est concentré cette année, encore plus, sur les projets de développement des secteurs productifs tels que l’éducation, la santé, les services sociaux et technologiques, l’eau, l’électricité, les chemins de fer, l’extension des infrastructures de la ville sainte, La Mecque. Le budget 2014 s’est engagé à soutenir les recherches scientifiques. D’après un communiqué du ministère des Finances, les secteurs de l’éducation et de la formation, ont, à eux seuls, reçu environ le quart des fonds budgétaires, de 210 milliards de RS. Les hausses s’appliquent aussi aux domaines des transports, de l’agriculture, des équipements, et finalement des énergies renouvelables.

De son côté, le PIB global de 2013 a augmenté de 1,54 %, atteignant la barre de 2,795 trillions de RS. Alors que la valeur des exportations des marchandises a chuté de 5,5 % pour enregistrer 1,376 trillion de RS. Quant aux exportations non pétrolières, elles n’ont pas dépassé les 159 milliards de dollars, contre 98 milliards en 2012. Ce constat pousse les autorités concernées à accorder plus d’importance et de moyens au secteur privé saoudien afin de booster ce domaine et, en même temps, à réduire la dépendance de l’économie nationale au secteur de l’énergie. Un des faits marquants accompagnant l’annonce du budget 2014, c’est que le royaume a réussi à diminuer la dette publique, pour la dixième année consécutive, afin d’arriver à 76,1 milliards de RS à la fin de 2013, avec un recul de 24 % de ses niveaux en 2012. Ainsi, l’Arabie Saoudite aurait réglé 584,7 milliards de RS de sa dette publique, évaluée à 660 milliards de RS en 2003.

En Arabie Saoudite, le budget 2014 a fait régner un climat d’optimisme. Surtout parce qu’il s’attaque aux principaux problèmes de la société, en visant à apporter les solutions adéquates. Les citoyens attendent maintenant une initiative royale, dit-on à Riyad, portant sur la hausse des salaires au début de l’exercice prochain. On voit d’un bon œil le soutien prévu au secteur privé, apte à embaucher le plus les jeunes Saoudiens, et plus particulièrement les diplômés. L’assurance de fournir des logements à la classe moyenne et aux plus démunis de la population, déjà annoncée par le roi, consolide ce climat d’optimisme.

De son côté, la Sama – Saudi Arab Monetary Agency – (Banque centrale) a indiqué que les réserves en sa possession ont augmenté et atteignent 309 milliards de RS à la fin du 3e trimestre de l’exercice en cours. Les avoirs atteignent aujourd’hui 2, 639 trillions de RS. La majorité d’entre eux sont sous forme d’investissements placés à l’étranger, dont une grande partie dans des bons du Trésor américains, occidentaux et même asiatiques.

© Reuters