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De l’économique au politique…
Croissances nationale et mondiale, perspectives de développement de sa société… À Davos, Moncef Mzabi, propriétaire du groupe Mzabi, décrypte l’actualité économique tunisienne.

Propos recueillis par Jay Akasie et Ranvir Nayar
 
Quelle est la situation actuelle de la Tunisie par rapport à la crise mondiale ?
Depuis deux ou trois décennies, on nous a reprochés notre régulation. Finalement, si l’on observe ce qui s’est passé l’année dernière, la politique de développement de la bourse de Tunis en a fait la meilleure bourse au monde sur l’année 2009.
Et aujourd’hui, alors que tous les pays sont en recul en matière de taux de croissance, cette année, nous sommes à 3 et plus. Et c’est la première fois que notre indice est à ce niveau ! Habituellement, nous sommes à 4,5 voire 5.
La crise monétaire financière internationale n’a pas touché la Tunisie… En aucun cas ! Au début, au niveau des industries exportatrices qui touchent l’automobile, nous avons connu une baisse qui a duré cinq ou six mois.
Par la suite, ces mêmes industriels, qui produisent des composants assez perfectionnés, comme l’électronique embarquée, ont pris conscience qu’il fallait délocaliser certaines productions vers la Tunisie. Bien sûr, leur production a baissé. Mais après quelques mois de baisse, ils ont augmenté la production en Tunisie.
La Tunisie est donc un des rares pays au monde, si ce n’est le seul, qui n’a pas été touché gravement par la crise financières. La Bourse de Tunis est l’une des seules au monde qui ait réalisé 49 % d’augmentation, cette année. Ce qui veut dire que tous les indicateurs de l’économie tunisienne sont bons.
En ce qui concerne le secteur financier, ce sont les banques qui ont été les plus marquées par cette croissance. Elles ont pris entre 80 et 100 %. Ni les banques ni le Real Estate [immobilier] n’ont été touchés. Il existait des projets de sociétés venant du Moyen-Orient, plus précisément des émirats arabes unis, qui ont décidé de retarder leurs délais de réalisation. Car chez eux, les clients n’achètent plus actuellement. Mais s’ils construisent des quantités qui répondent à la demande du marché tunisien, ils vendront. Les Tunisiens achèteront chez eux.

Quels sont les défis de la Tunisie cette année ?
En 2010, la Tunisie a décidé de faire en sorte que le nombre de touristes ne baisse pas, et nous ciblons un taux de croissance de 4,5, voire 5. C’est tout à fait réalisable.

Quels phénomènes pourraient inquiéter votre pays ?
Que les Européens ne prennent pas de vacances… Si la crise persiste, les gens ne voyageront pas facilement. Mais, en 2009, nous n’avons pas eu de problème. Et nous espérons que cela continuera durant l’année à venir.

Comment l’année 2010 s’est-elle achevée pour vous ? Quels sont les projets de votre entreprise pour cette année ?
L’exercice 2009 a représenté pour notre groupe une excellente année. Nous sommes un groupe diversifié et presque tous les secteurs de notre société ont bien fonctionné.
Nous souhaitons nous étendre dans les domaines déjà existants de nos branches, et faire de nouvelles acquisitions, comme celle que nous venons de conclure, qui est une usine de filtres que nous allons destiner à l’export et pour le marché tunisien.

En termes de profit, quelle a été la croissance de votre groupe en 2009 ?
Nos revenus ont connu une croissance qui s’est établie à un taux compris entre 5 et 6 %.

Envisagez-vous de faire des acquisitions hors de Tunisie ?
Nous préférons rester en Tunisie ! Pour le moment, il existe beaucoup d’opportunités sur place… C’est un marché très prometteur.

La jeunesse en Tunisie peut-elle bénéficier de ce dont elle a besoin ? Quelles sont les domaines les plus avancés ?
C’est un des premiers pays au monde qui développe à ce point le droit à l’habitation. Des institutions ont été créées par le gouvernement et par le président, concernant la micro-finance.
Chaque jeune Tunisien qui veut développer un projet n’a qu’à déposer un dossier ! Généralement, ils sont acceptés. L’expérience a démontré qu’une très grande partie des micros projets lancés ont été des réussites.

N’existe-t-il donc pas de problème de chômage en Tunisie ?
Si, bien évidemment, le problème du chômage existe aussi ici, mais il y a des jeunes qui ne veulent pas faire certains métiers, dans des secteurs comme l’agriculture, le travail de main-d’œuvre… Alors que ce sont des domaines où l’on recherche des gens. Mais par rapport aux pays voisins, notre taux de chômage est insignifiant.




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