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Les nouveaux réseaux
Le forum « La Femme arabe et l’espace mondialisé de la communication » a permis de faire le point sur les possibilités d’accès aux nouvelles technologies au sein des sociétés arabes.

Par S.SOBH

Lors du discours d’inauguration de la manifestation, Leïla Ben Ali, épouse du président tunisien, a évoqué ouvertement le déficit du secteur de la technologie de l’information et de la communication dans le monde arabe, plus particulièrement concernant la femme. Elle a ainsi utilisé les chiffres : « Pour l’utilisation d’Internet, notre taux est plus bas, avec un maximum de 16,25 % alors qu’il est de 43 % en Europe et de 71 % en Amérique du Nord. » Ces écarts devraient inciter les gouvernements des pays arabes à augmenter nettement les investissements dans ce domaine, devenu indispensable à tout développement – notamment pour l’économie du savoir.
La Première Dame de Tunisie a ajouté que la femme arabe a le droit d’accéder aux technologies de la communication et de l’information. Elle peut ainsi concevoir des produits numériques ou recueillir des données. Mme Ben Ali est allée encore plus loin : « La femme arabe n’est ni moins intelligente ni moins active que l’homme. » Et de continuer : « Elle n’est pas non plus moins bien préparée ni moins douée, en termes de créativité. » Autant de qualités qui font qu’elle peut contribuer, avec l’homme, à préserver l’équilibre et la stabilité de la société. Tout comme elle peut participer à son développement, dans une conjoncture internationale complexe. Diffuser la culture numérique à travers toutes les couches sociales, à l’attention de l’ensemble des générations et auprès de la femme arabe, ne sera pas une promenade de santé.
Un combat de toujours. Des difficultés que les participantes au forum « La Femme arabe et l’espace mondialisé de la communication » connaissent mieux que quiconque. Les femmes se battent, depuis plusieurs années, pour placer ce sujet sur le devant de la scène arabe et tentent d’en faire une priorité. Dans le monde arabe, elles se retrouvent face à un écart numérique flagrant entre elles et les hommes. Cette différence risque d’entraver les efforts déployés par les femmes afin que la communication soit un espace de dialogue et d’entente ainsi qu’un instrument efficace pour la consécration des principes universels communs : liberté, justice, égalité et tolérance.
Ce forum, qui s’est fait le relais de la troisième session supérieure de l’Organisation de la femme arabe – organisée à Abu Dhabi, le 27 mai 2007 –, a dû faire face à de nombreux défis. La déclaration finale adoptée à la fin des travaux en atteste. Pour lutter contre cette fracture numérique, un appel est nécessaire à la mise en place d’un mécanisme financier pour soutenir le Fonds mondial de solidarité, décidé par l’Assemblée générale des Nations unies, à l’initiative du président Zine el-Abidine Ben Ali, le 20 décembre 2002. Une décision censée avoir des répercussions rapides, après l’engagement des pays membres de l’ONU.
Parmi les autres points soulevés par le document de référence des travaux du Forum, on retrouve la lutte contre « l’analphabétisme numérique » de la femme arabe. Un combat qui ne peut être mené sans encouragement à tirer le meilleur parti des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Ainsi, les participantes ont insisté sur la nécessité de faire connaître les programmes d’avant-garde des femmes du monde arabe qui s’illustrent dans le secteur des NTIC. Un projet dont l’aboutissement ne sera sans doute pas facile, en raison de la résistance des parties influentes qui s’opposent à cette ouverture technologique au plan international.
Par ailleurs, le Forum a permis d’insister sur le développement du discours médiatique afin de changer l’image stéréotypée de la femme arabe qui est véhiculée dans les médias. D’où la nécessité de la présenter comme un partenaire de l’homme à part entière.
La Tunisie a très tôt pris conscience de l’importance des mutations technologiques profondes (et rapides) qui se sont produites dans le monde, au cours des deux dernières décennies. Le pays a mis en place une stratégie cohérente pour promouvoir les technologies de la communication et de l’information et en accroître la contribution au développement social et économique.
Des sociétés soutenues. L’état tunisien a fourni un gros effort en soutenant les initiatives des sociétés spécialisées dans les nouvelles technologies. Ces entreprises représentent environ 11 % du PIB tunisien et 12,5 % du total des Investissements directs étrangers (IDE) dans le pays. De plus, les investissements dans le secteur dépassent 1,5 milliard de dinars et permettent un nombre d’emplois proche de 80 000 unités. à cet égard, le secteur des NTIC a connu une mutation profonde grâce à la mise en œuvre d’une stratégie cohérente. Laquelle vise à placer cette technologie au cœur des innovations intervenues à l’échelle mondiale.
Le pays s’est employé, dès les années 1990, à introduire l’informatique comme une matière à part entière dans les programmes scolaires. En outre, la Tunisie a arrêté un plan graduel pour équiper les établissements de l’enseignement, de la jeunesse et de la culture en matériel informatique relié à Internet. Le pays a également mis en place la Commission nationale du commerce électronique, dont le but est d’inciter les entreprises à recourir aux moyens de la communication, de la publicité et des nouveaux modes de commercialisation. La réussite de la Tunisie dans son projet de généralisation de l’enseignement – pour le rendre obligatoire et gratuit – a aidé à la réalisation de l’égalité totale entre les sexes, y compris pour l’accès à la communication et à l’information. Aujourd’hui, le taux de femmes dans l’enseignement supérieur est d’ailleurs de 59 %.
Les choix effectués lors du Forum sont aussi porteurs d’enjeux majeurs pour les nations arabes. Des défis qui résident notamment dans l’égalité des chances offertes dans les sociétés arabes pour accéder à la communication et à l’information. Il faut aussi intensifier la coopération culturelle et économique entre femmes, ainsi que recourir de manière accrue aux technologies nouvelles pour développer cette coopération et en élargir les volets. Il sera aussi nécessaire de confirmer l’aptitude de la femme à exploiter au mieux l’espace de la communication, à consolider son rôle au service de ses causes et à redresser l’image des sociétés arabes aux yeux de l’opinion mondiale. Le Forum sur la femme arabe et l’espace mondialisé de la communication a réussi à présenter les problèmes qui existent en la matière, à diagnostiquer l’écart frappant au sein des sociétés arabes entre les deux sexes et à proposer des solutions. C’est un premier pas !


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