Sans titre-1 copier.tif
Culture
Vénus Khoury-Ghata :
la poétesse qui fait léviter le quotidien
Par Marc YARED

Grand prix de poésie de l’Académie française, prix Apollinaire, prix Mallarmé, grand prix de la Société des gens de lettres (SGDL), prix Supervielle, prix Liberatour de la Foire de Francfort… Au fil des mois et des ans, Vénus Khoury’ÄëGhata, la talentueuse écrivaine franco’Äëlibanaise, enchaîne les distinctions les plus prestigieuses. Et elle n’est pas près de descendre de son nuage avec le prix Goncourt remis en janvier dernier pour l’ensemble de son œuvre poétique, après l’éclosion de son dernier’Äëné Où vont les arbres ? (éd. Mercure de France).
La lune de miel que Vénus vit avec le pays et la langue de Molière brille d’un éclat particulier depuis qu’elle a animé à Montauban, à partir du 22 novembre dernier (un jour béni pour les Libanais de tous horizons !), le festival Lettres d’Automne, dédié depuis deux décennies aux grands noms de la littérature francophone.
La belle cité du Sud’ÄëOuest de l’Hexagone – et ses 62 écrivains invités parmi lesquels Nedim Gürsel ou Paula Jacques, sans compter un public venu de partout – ont pendant douze jours vécu dans l’intimité de Vénus, buvant ses poèmes et sondant ses œuvres. Au Théâtre de Montauban, 450 personnes se pressaient pour l’écouter déclamer, puis pour lui poser leurs mille et une questions.
L’un des grands moments de Lettres d’Automne fut le spectacle féerique orchestré par Anne Sicco – l’épouse du mime Marceau – et sa fille à partir du chef’Äëd’œuvre de Vénus à quoi sert la neige ? (éd. le cherche midi).
Les poètes et romanciers francophones nés hors de l’Hexagone bénéficient’Äëils d’un préjugé de plus en plus favorable depuis que Léopold Senghor a brisé dans les années 1980 le monopole exercé par les écrivains français sur l’Académie française ? Vénus nuance : « Les jurys des lettres françaises restent réservés ; ils veulent bien prêter leur langue, mais… à trois reprises, j’ai figuré parmi les finalistes pour le prix Renaudot et à chaque fois, c’est un écrivain hexagonal qui a été finalement élu… “Que faites ’Äëvous du français ?” semblent répéter inlassablement nos sévères censeurs. Et moi de répondre : “La langue française, je la gave de loukoums ; je lui apprends la danse du ventre ; je lui communique les saveurs de la langue arabe ; je l’entraîne dans les sinuosités de la poésie arabe narrative. Et je rêve d’écrire un jour le français de droite à gauche !” »
Est’Äëce en hommage à cette vision que le très sélect New Yorker proclame, sous la plume d’Alicia Oistrokhan : « Vénus Khoury’ÄëGhata est à la poésie ce que Gabriel Garcia’ÄëMarquez est au roman » ?
Est’Äëce cet audacieux métissage entre l’univers d’Al’ÄëMoutanabbi et celui de Voltaire, revendiqué et incarné par Vénus, qui vaut à son œuvre de figurer au hit’Äëparade des romans traduits en anglais qui ont été sélectionnés par le National Book Award ?
Oui, mais pas seulement ! Vénus a aussi bouleversé l’art poétique, en mêlant sans cesse le concret à l’universel. Elle a initié une école et des disciples « qui font léviter le quotidien ».
L’énergie qui anime cette forme de surréalisme est immense, puisqu’elle surgit des profondeurs de l’âme de Vénus, marquée à jamais par une mère qui incendie le nid de l’alouette, et un époux qui maudit les flots.
Sans titre-1 copier.tif
Banners_saneou.gif
• Revenir au sommaire •

Cliquez ici pour avoir un exemplaire gratuit
Sans titre-2copier.tif
Editorial
Sans titre-2copier.tif
Page d’accueil
Sans titre-2copier.tif
Sommaire
Sans titre-2copier.tif
Nous contacter
Sans titre-2copier.tif
Exemplaire gratuit
Sans titre-2copier.tif
S‘abonner
Sans titre-2copier.tif
En couverture
Sans titre-2copier.tif
Politique
Sans titre-2copier.tif
Economie
Sans titre-2copier.tif
Culture
evenement.jpg